Denis Christel Sassou N’Guesso en visite chez le restaurateur congolais Dieuveil Malonga à Kigali

Pendant son séjour de travail au Rwanda, le ministre de la Coopération internationale et du partenariat public-privé, Denis Christel Sassou N’Guesso, a visité le restaurateur congolais, Dieuveil Malonga, 30 ans, qui tient un restaurant à Kigali.

 Denis Christel Sassou N’Guesso a salué le talent exceptionnel de ce jeune chef d’origine congolaise qui veut casser les codes de la restauration traditionnelle et réinventer la cuisine africaine. Dieuveil Malonga qui étonne sa clientèle avec sa créativité et sa façon de repenser la cuisine traditionnelle locale à laquelle il apporte une touche de modernité.

Dieuveil Malonga est un jeune chef congolais, passé par l’Allemagne et la France, qui puise dans leurs savoirs traditionnels pour créer sa cuisine « afro-fusion ».

De ses périples dans 38 pays d’Afrique, le chef âgé de 30 ans ramène des techniques, comme le boucanage ou la fermentation, mais aussi des épices et condiments. Petits piments de Côte d’Ivoire, noix de pèbè du Cameroun et autres chenilles mbinzo du Congo occupent un mur entier de son restaurant.

Si l’afro-fusion existe depuis très longtemps Malonga reconnaît avoir contribué à mettre l’Afrique sur la carte des foodies du monde entier.

Né en 1991 à Linzolo, près de Brazzaville où, malgré le décès de ses parents, Dieuveil Malonga suit sa sœur, mariée à un Congolais d'origine allemande. L'adolescent de 12 ans est adopté par une famille de pasteurs, à Warstein et intègre une école renommée de cuisine, à Münster.

Diplômé et remarqué lors de concours, il travaille dans plusieurs restaurants allemands, dont le triple étoilé au guide Michelin Aqua de Wolfsburg, puis en France, à l’hôtel Intercontinental de Marseille. Mais quelque chose « manque », alors le chef Malonga part voyager deux ans en Afrique, il explique que c’est la clé de ce qui lui arrive aujourd’hui.

Tombé amoureux du Rwanda, un pays vallonné et fertile au climat très doux, il y ouvre en 2020 Meza Malonga. La « Table de Malonga », en kiswahili, attire une clientèle de locaux aisés, expatriés et touristes.

Passionné de produits, le chef aime à déambuler dans les allées de la ferme de Nyamata, à une heure de Kigali, où il s’approvisionne en herbes aromatiques et fleurs comestibles. Une « chance », qu’il n’aurait pas en Europe.

D’ici 2023, Dieuveil Malonga veut aller « plus haut, créer quelque chose de grand » en ouvrant dans la région très rurale de Musanze (nord), aux pieds des volcans des Virunga et de leurs célèbres gorilles, un nouveau restaurant.

Plus haut de gamme, plus cher, le deuxième Meza Malonga se voudra à la fois « une expérience et un village d’innovation culinaire » où l’essentiel des aliments seront produits sur place, mais aussi un centre de formation.

A Kigali, Malonga travaille avec dix jeunes cuisiniers, essentiellement rwandais mais aussi burundais, ougandais, tanzaniens, qui, tout en préparant la salle ou en dressant méticuleusement les assiettes – à la pince à épiler – louent sa capacité à se mettre en retrait et « autoriser à créer ».

A Musanze, il souhaite en former beaucoup plus, recrutés à travers le continent, pour continuer la transmission.

Et c’est le Congo qui gagne !

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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