RDC – Musique : Koffi Olomidé serait-il en passe d’être interné au CNPP ?

Le CNPP, acronyme de Centre National des Pathologies Psychiatriques pourrait-il bientôt recevoir un nouveau pensionnaire en la personne du musicien Koffi Olomidé ? Si personne ne dispose de son bulletin médical, pour de nombreux mélomanes ou autres observateurs de la vie musicale congolaise, les actes posés par Koffi Olomidé ces derniers temps, ne seraient pas de nature à garantir une bonne santé mentale pour l’artiste.

Koffi Olomidé aurait-il cherché à créer le buzz, lui qui est désormais bien présent sur les réseaux sociaux, ou a-t-il posé des actes éminemment réfléchis, en s’affichant tantôt avec des vêtements funéraires ou encore des vêtements qui tranchent d’avec tous les codes vestimentaires classiques et même des tenues de scène? Cela interroge à moins qu’il ne soit véritablement « dérangé » dans sa tête. Certes, l’habit ne fait pas le moine, mais c’est par l’habit que l’on reconnait le moine.

Sa dernière sortie, dans laquelle il s’est affiché avec de fringues, comme on en voit chez ceux nouvellement atteint et qui n’ont pas encore été conduit au CNPP, a laissé interrogateurs de nombreux mélomanes qui se sont convaincus que quelque chose ne va pas chez cet artiste dont les actes posés sont sujets à caution. Asalfo en a eu sa dose dernièrement au Femoa en Côte d’Ivoire, quand Koffi a quitté la scène ex abrupto. Depuis, il se demande si son doyen d’artiste est mentalement bien portant et il n’est pas près de l’oublier. Car, comment comprendre qu’un des musiciens intellectuellement parmi les mieux outillés de la RDC, fasse le contraire de ce qui est convenu dans le contrat pour lequel il s’est déplacé à une manifestation, lui qui est un habitué du show-biz, à moins que quelque chose ne se soit dérèglée en lui.

Ce dérèglement mental, s’il en est un, a du reste marqué la thématique musicale de Koffi Olomidé qui a vulgarisé le vice à travers des chansons dont l’outrance morale renvoi désormais à des récitals pornographiques. Des pratiques qui contrastent d’avec l’âge de l’artiste, 65 ans qui serait pourtant l’âge de la pudeur, à défaut de la sagesse, pour lui, Antoine Christophe Agbepa Mumba, dit Koffi Olomidé, né le 13 juillet 1956 à Kisangani en République démocratique du Congo.

« Pour connaître les mœurs d’un peuple, il faut écouter sa musique », disait Victor Hugo. Beaucoup se demandent si, entouré de sa femme et ses enfants, dans son salon, Koffi écoute la même musique, qu’il distille à l’extérieur, ou s’il la commente, comme le ferait un écrivain sur son roman, avec les siens. Autrement, quel serait l’apport de Koffi dans l’édification de la jeunesse congolaise. Sous d’autres cieux, sa place serait bien au CNPP, car que vaut l’art, s’il ne contribue à élever l’homme ?

Désormais, autant d’indices qui peuvent paraître comme des détails d’une santé psychiatrique déclinante de Koffi Olomidé interrogent sur ce qui se passe véritablement dans sa tête. Des détails sans doute. Mais, « quand un détail devient un symbole, peu importe qu’il soit infime », disait Gilbert Cesbron.

Koffi Olomidé est peut-être en détresse et ne serait pas en phase avec toutes ses facultés. Au regard des actes qu’il pose, il est peut-être temps pour ses proches, d’anticiper sur une éventuelle prise en charge médicale de l’artiste, à défaut de l’interner au CNPP où beaucoup pensent qu’il y a déjà sa place car, jamais l’illuminé ne se reconnait en dérangement. Seuls ceux qui l’assistent savent qu’il n’est plus le même.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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