Brazzaville a rendu hommage à Papa Wemba

L’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville a rendu hommage mercredi, à l’artiste musicien de la RDC, Papa Wemba, décédé à Abidjan à la suite d'un malaise survenu sur scène, au Festival de musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), le 24 avril 2016.

Les plus grandes chansons de Papa Wemba, qui aimait le style vestimentaire des congolais de Brazzaville, ont été interprétées avec succès par ses fans dont l’ex ministre congolais des Zones économiques spéciales, Alain Akouala Atipault, à l’IFC où un rassemblement a été prévu à cet effet.

Le 24 avril 2016, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, de son nom d’artiste Papa Wemba quittait le monde des vivants, micro à la main alors qu'il était sur scène au Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (Femua), qui se tient en Côte d’Ivoire.

Roi de la rumba congolaise, fou de mode et de beaux vêtements, Papa Wemba était un des chanteurs africains les plus populaires. Voix haut perchée et personnalité flamboyante, le "rossignol" Papa Wemba était une des grandes figures de la rumba congolaise et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l'un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.

En 1977, Papa Wemba crée le groupe Viva La Musica. C'est alors une star en Afrique centrale. Il fonde le village Molokaï, près de Kinshasa, dont il s'autoproclame chef coutumier.

Dans les années 80, avec l'émergence de la "world music", les producteurs européens s'intéressent à lui. Ses séjours en France sont de plus en plus fréquents. Au Zaïre, sa musique est un exutoire pour la jeunesse, même s'il refuse de jouer tout rôle politique.

Papa Wemba s'installe en France en 1986 alors que sa renommée touche même le Japon, emballé par ce dandy africain qui s'habille chez les grands couturiers.

Au début des années 90, il se lie avec Peter Gabriel (ex-chanteur de Genesis, qui a lancé son label RealWorld), dont il assure les premières parties.

Il apparaît davantage dans la rubrique faits divers au début des années 2000, avec une condamnation en France pour aide au séjour irrégulier d'étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il a passé plus de trois mois en détention préventive en 2003 dans le cadre de cette affaire.

Mais ce père de plusieurs enfants restait une grande star en Afrique. Il était de tous les événements musicaux majeurs concernant le continent, chantant notamment en l'honneur des 90 ans de Nelson Mandela en juin 2008 à Londres.

On doit notamment à Papa Wemba et ses 50 ans de carrière musicale les titres "Analengo", "Maria Valencia" ou encore "Yolele", symbole de la "world music" des années 1990.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo Brazzaville