Congo – Littérature : Sony Labou Tansi, 23 ans déjà...

Il y a 23 ans, le 14 juin 1995, disparaissait l'un des plus grands écrivains congolais, Sony Labou Tansi. Né en 1947 au Congo, romancier, poète et dramaturge, Sony Labou Tansi était un membre éminent de l’avant-garde littéraire africaine.

Son écriture satirique mais pleine d’espoir s’est confrontée à la censure à de nombreuses reprises. Les thèmes centraux de ses œuvres sont la corruption du pouvoir et la résistance. Il a souvent provoqué puis rompu les genres littéraires occidentaux en utilisant l’exagération, un langage démembré et une esthétique anti-naturaliste.

Sony Labou Tansi n’a jamais abandonné la satire politique et la critique, mais, dans ses dernières œuvres, il touche aussi à des thèmes tels que l’amour, la vie et la mort. Sony Labou Tansi a été successivement professeur d’anglais, chef de service à la Direction Générale de la Recherche Scientifique et député.

En 1979, il fonde le Rocado Zulu Théâtre de Brazzaville et publie son premier roman : La Vie et demie. Sony Labou Tansi gagna plusieurs prix littéraires comme le Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire pour L’Anté-peuple.

En 1988, il obtient le premier prix de la Francophonie de la SACD et le prix de la Fondation Ibsen. Il a effectué en 1990, une résidence d’écriture à la Maison des Auteurs des Francophonies en Limousin, qui a présenté et co-produit plusieurs de ses pièces parmi lesquelles La Rue des mouches, Antoine m’a vendu son destin, Moi, veuve de l’empire, Le Coup de vieux, Qui a mangé Mme D’Avoine Bergotha ?, La Parenthèse de sang. Ses pièces ont été également mises en scène : à Brazzaville, Dakar, Paris (Théâtre National de Chaillot, par Gabriel Garran), New-York (Ubu Theater, par George Wolfe).

Sony Labou Tansi est décédé le 14 juin 1995 et repose au cimetière du Centre-ville de Brazzaville, aux cotés d'autres écrivains tels Jean Malonga ou encore Sylvain Bemba.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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