À Paris, les Bantous de la Capitale n’ont pas simplement lancé un album, ils ont réveillé la rumba congolaise comme on rallume un vieux moteur de Mercedes, avec élégance, puissance et un peu de nostalgie dans les yeux. Dans le 10ᵉ arrondissement, la Maison BH Electronic a vibré sous les accords du mythique orchestre congolais. Autour de Didier Kabala, Alain Onkani, Marcellin Naka et Anytha Ngapy, les amoureux de la musique ont assisté à une cérémonie où les souvenirs dansaient avec l’avenir.

Le nouvel opus prouve une chose : les Bantous vieillissent peut-être sur la carte d’identité, mais jamais dans les oreilles des mélomanes !

Entre les compositions raffinées de Moutouari Kosmos, le duo savoureux avec Sam Mangwana et des mélodies capables de faire bouger même les plus fatigués après un plat de saka-saka, l’orchestre confirme qu’il reste une machine à faire vibrer les cœurs.

Au-delà de la musique, ce lancement parisien ressemble à un rappel, les Bantous de la Capitale ne sont pas un simple orchestre, mais un patrimoine vivant. Une bibliothèque musicale où chaque chanson raconte un morceau du Congo.
Et pendant que certains groupes prennent leur retraite, les Bantou, eux, semblent avoir trouvé le secret de la jeunesse éternelle : beaucoup de talent et sûrement une bonne dose de rumba dans le moteur.

C’est précisément le 15 août 1959 que se créent les Bantous de la Capitale par d’anciens musiciens de l’OK Jazz au dancing-bar Chez Faignond à Brazzaville au Congo. L’orchestre est alors soutenu financièrement et matériellement par le gérant Emile Faignond.
Les Bantous de la Capitale (appelés aussi Bantous Jazz) sont alors composé de grands auteurs, compositeurs, instrumentistes et interprètes comme Edouard "Edo" Nganga et Célestin "Célio" Kouka (voix), Dicky Baroza (guitare solo), Dignos Dingari (guitare rythmique), Daniel Lubelo "De La Lune" (basse, voix), Jean-Serge Essous (clarinette, sax, flûte, voix), Dieudonné Nino Malapet (saxophone) et Saturnin Pandi (tumba)... Ils ne tarderont pas à devenir l’emblème de cette époque cruciale de l’histoire du pays et les pionniers de la rumba congolaise.
Après maintes séparations et ré-formations, le groupe a été renforcé par des jeunes artistes.
Plus qu’un groupe musical, les Bantous de la Capitale représentent également une véritable institution et une authentique tranche du patrimoine historique de la musique africaine en général et congolaise en particulier.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville