Dolisie : les wewa règnent en maîtres sur l'asphalte

À Dolisie, dans le département du Niari (sud), du lever du soleil jusqu'à une heure où même les coqs hésitent à chanter, les taxis-motos sillonnent les rues avec une énergie qui ferait pâlir un marathonien.

Dans une ville dont la population ne cesse de croître et où les quartiers s'étendent chaque année un peu plus loin, les wewa ont trouvé leur place et imposé leur hégémonie dans le transport urbain. Rapides, disponibles et capables de se faufiler là où certains véhicules préfèrent réfléchir avant de passer, ils sont devenus les véritables rois de la mobilité.

À Dolisie, il suffit de tendre la main et, comme par magie, un casque apparaît accompagné d'un moteur déjà prêt au départ. Que ce soit pour se rendre au marché, au travail ou à un rendez-vous urgent, le wewa est souvent plus rapide qu'une longue explication.

Au-delà du simple transport, ce secteur fait vivre des centaines de jeunes et participe activement à la dynamique économique locale. Chaque moto est une petite entreprise ambulante qui roule au rythme du développement de la ville. Et il faut reconnaître qu'ils possèdent un talent rare : celui de transformer les embouteillages en simples détails du paysage.

Dans cette capitale de l'or vert en pleine expansion, les taxis-motos ne sont plus seulement un moyen de déplacement. Ils sont devenus un symbole de l'ingéniosité, de la débrouillardise et du dynamisme d'une ville qui avance, moteur allumé et klaxon prêt à l'emploi.

Aujourd'hui, quelques autres villes congolaises développent le transport au moyen des « wewas ». Il s'agit de Sibiti dans la Lékoumou, de Dolisie dans le Niari, Nkayi dans la Bouenza, Pointe-Noire, la capitale économique et Oyo dans la Cuvette.

Ce corps de métiers apporte du sang neuf dans le monde du transport, une vraie valeur ajoutée. Cette réponse est la bienvenue aux problèmes de transport dans les villes congolaises.

Un business qui soulage plusieurs jeunes congolais étranglés par le chômage.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photos : DR