Marcelline Kibondzi, la Congolaise qui va faire voguer la culture au cœur de la Baltique

À vos marques ! Prêts ? Partez ! Du 8 au 10 mai prochains, entre Stockholm et Helsinki, la mer Baltique ne portera pas seulement des voyageurs, elle transportera aussi des mots, des rythmes, des étoffes et une mémoire vivante. À l’initiative de Marcelline Kibondzi, une Congolaise installée en Suède, les « Rencontres scandinaves » de littérature, musique et art sartorial congolais promettent une expérience culturelle inédite, pensée comme une traversée des imaginaires et des appartenances.

À bord d’une croisière entre Stockholm et Helsinki, littérature, musique et élégance congolaise vont prendre le large

Le choix de la croisière Stockholm–Helsinki–Stockholm n’a rien d’anodin. Cette traversée, très emblématique dans l’espace nordique, relie deux capitales où la mer structure autant le paysage que les échanges culturels. La liaison maritime entre les deux villes est l’une des plus emblématiques de la Baltique, mêlant voyage, spectacle et vie sociale à bord.

Pour l’organisatrice, la croisière est bien plus qu’un cadre logistique ! Elle devient une métaphore du déplacement diasporique. Entre deux rives européennes, elle fait circuler une autre géographie, celle du Congo intime, créatif et élégant. « Le concept est simple : embarquer les Congolais à bord d’une croisière pour nous souvenir que le Congo est notre patrimoine commun, un pays riche en mots et rythmes », avance Marcelline Kibondzi d’une voix cristalline, avant d’ajouter : « Il y aura aussi des hommages à nos illustres femmes et hommes de culture disparus. »

La culture comme traversée

Pendant trois jours donc, auteurs, mélomanes, passionnés de mode et amoureux des arts se retrouveront dans un salon flottant où la culture congolaise sera célébrée sous plusieurs formes.

La littérature y occupera une place de choix, avec des échanges autour des voix congolaises contemporaines, de la mémoire migratoire et des récits de transmission. La musique, quant à elle, accompagnera les soirées de bord, dans un dialogue entre sonorités africaines et sensibilité nordique.

Mais l’une des signatures les plus singulières de ces rencontres demeure l’art sartorial, expression raffinée de l’élégance congolaise. Héritée de la Sape et de ses codes de distinction, cette esthétique du vêtement comme langage trouvera dans les ponts du navire un décor presque naturel : couloirs feutrés, salons panoramiques, escaliers majestueux, horizon liquide.

Le bateau devient alors podium, scène et espace de représentation.

Une diaspora qui refuse l’effacement

« À travers cette initiative, c’est aussi toute une vision de la diaspora congolaise qui s’affirme », commente l’initiative de l’événement. Vivre en Suède sans renoncer à ses racines, créer en terre scandinave sans se dissoudre dans l’anonymat, transmettre une culture sans folklore : telle est l’ambition de cette femme qui a choisi de faire de la Baltique un territoire de résonance congolaise et, pourquoi pas, africaine.

Dans un espace souvent perçu comme éloigné des grandes scènes culturelles africaines, elle invente un lieu de rencontres où le Congo ne se raconte pas depuis la nostalgie, mais depuis la création.

La mer, ici, ne sépare pas. Elle se mue en lien. Elle devient le symbole d’identités en mouvement, capables de jeter l’ancre sans jamais perdre le goût du large.

Une élégance du lien

Au fond, ces « Rencontres scandinaves » racontent quelque chose de plus vaste qu’un simple événement culturel ; elles disent la puissance des liens tissés par les diasporas, la capacité des femmes africaines à créer des espaces inédits, et la manière dont l’art peut transformer un trajet maritime en manifeste identitaire.

Entre Stockholm et Helsinki, la culture congolaise fera escale dans les consciences, portée par une femme qui a compris qu’on peut traverser les mers sans jamais quitter son centre.

Bedel Baouna