Congo – Investissements : Les ministres des finances successifs seraient-ils nuls en calculs ?

Congo – Investissements : Les ministres des finances successifs seraient-ils nuls en calculs ?

Il y a quelques jours, le premier ministre congolais, Clément Mouamba a annoncé que la dette extérieure globale du Congo envers la Chine, principal créancier du pays, s’élève à 1 776 milliards [soit plus de 2,1 milliards de dollars]. Pour de nombreux congolais, ce chiffre astronomique laisse perplexe, quand on sait que les ministres des finances successifs ont de tout temps soutenu devant le parlement que les réalisations entreprises par les chinois au Congo ont toujours été principalement financées sur fonds propres, l'emprunt ne venant qu'en supplément.

Dans son vaste programme de développement qui consistait entre autres à mailler le territoire national en infrastructures de base, le président Denis Sassou Nguesso, a entrepris une politique dite des grands travaux, afin de faire du Congo un pays émergent à l’horizon 2025.

Depuis un peu plus de dix ans, fort de l'envolée des cours du pétrole, le Congo s'est lancé dans la réalisation des grandes infrastructures donnant aux congolais le sentiment de voir enfin, où va l'argent du pétrole.

Depuis la construction de la « route lourde » Pointe-Noire-Brazzaville, l'aéroport de Brazzaville, le port en eaux profondes de Pointe-Noire, le complexe sportif de de Kintélé et ses gymnases annexes, les municipalisations successives, jusqu'à la réalisation du port d'Oyo, dernière inauguration en date, les différents discours, lors des lancements des travaux, ont toujours marqué l'apport majoritaire du Congo dans l'investissement financier, si ce n'est que les travaux sont réalisés sur fonds propres du Congo. D'où vient-il que la dette vis à vis de la Chine explose à ce point.

Avec les chiffres donnés dernièrement par le premier ministre, tous les congolais qui savent à peine compter, se demandent comment cela est-il possible, quand on sait que le pays a disposé entre-temps des excédents de trésorerie, au point même de thésauriser de l'argent destiné aux générations futures.

De cet argent destiné aux générations future justement, plus personne ne parle désormais, comme si il n'existait plus, comme si « on avait sacrifié l'avenir au présent ».

En rendant publique l'existence de ce fonds devant le parlement réuni en congrès, le président de la république le mettait de facto co- responsable dans la gestion de cet argent, avec tout au moins un droit de regards, au moyen des procédures appropriées, collectif budgétaire ou autres. Donc, il n'a pu être utilisé, sans l'aval du parlement.

Voila qui devrait interpeller le parlement, dans son rôle de contrôle de l'action gouvernementale.

L'argent n'ayant de valeur qu'avec les échanges, en cette période de vaches maigres, le parlement devrait en toute logique autoriser le gouvernement à réinjecter une partie de « l'argent des générations futures » dans le circuit financier, pour permettre les réalisations urgentes, qui ne peuvent être remises à plus tard.

Bertrand BOUKAKA