Congo – Cacophonie gouvernementale : Le premier ministre annule le limogeage de Yves Castanou opéré par le ministre de tutelle la veille

Congo – Cacophonie gouvernementale : Le premier ministre annule le limogeage de Yves Castanou opéré par le ministre de tutelle la veille

Alors que le ministre des Postes et Télécommunications Léon Juste Ibombo avait pris une note de service mettant fin aux fonctions de Yves Castanou à la tête de l'ARPCE le 10 mai, le premier ministre a publié une circulaire qui annule cette disposition le 11 mai, déjugeant son ministre.

Ainsi que nous l'écrivions dans notre précédente publication à propos de l'éviction de Yves Castanou : «  Si son limogeage souffre d'une quelconque entorse juridique, l'homme ne manquera pas d'activer ses réseaux, Dieu seul sait, s'il en a des plus confortant. »

La suite des événements semble nous donner raison. Dans la foulée du limogeage de Yves Castanou et de la nomination de Henri Yandza Mouelé, ingénieur électronicien en remplacement, dans un véritable rappel à l'ordre, le premier ministre Clément Mouamba a rapporté la note ministérielle, la jugeant en violation avec les textes en vigueur, sur les nominations aux hautes fonctions, rendant du coup nulle et de nul effet, la nomination prononcée par le ministre Ibombo.

La circulaire du premier ministre. Pourqoui maintenant, pour un constat qui court?

Il est vrai que la note de service prise par le ministre des postes et télécommunications souffrait d'un vice de forme administrative, car nommé en conseil des ministres, et par décret présidentiel c'est par ce seul canal que Yves Castanou se verra destitué, ce qui ne semble pas être à l'ordre du jour, quoique son maintient à la tête de l'ARPCE, n’obéisse plus au cadre réglementaire.

D'autre part la méthode quelque peu cavalière du premier ministre étalant au grand jour un constat relevant du manque de coordination gouvernementale montre que lui non plus ne semble rien contrôler et sonne comme un aveu d'échec.

Enfin, même si le cas Yves Castanou se doit d'être tranché en conseil des ministres et sa révocation ou son maintient ne résultant que du ressort du président de la république ou du premier ministre, il n'en demeure pas moins que cela se fait en principe en concertation, sinon sur proposition du ministre de tutelle qui apparemment est désormais déclaré hors circuit dans cette affaire.

La note de service du ministre Ibombo déclarée nulle et de nul effet par le PM

Désormais, entre le fond et la forme des procédures, il y un vainqueur, Yves Castanou et surtout deux grands perdants, le ministre Léon Juste Ibombo dont l'autorité s'en trouve réduite à néant, vis à vis d'un directeur sur qui il est sensé exercer la tutelle, mais surtout le premier ministre qui montre par la présente qu'il n'a pas la réelle maîtrise des membres du gouvernement.

Bertrand BOUKAKA