Né de parents originaires de la République démocratique du Congo, à seulement 26 ans, Pengo Bossio Wangi a été fauché par les balles du tireur fou de l'attaque survenue le vendredi matin à Trappes, dans les Yvelines. Ce passionné de MMA, membre amateur de la Atch Academy d'Aubervilliers, était l'un des visages les plus souriants du club dyonisien. Il s'y entraînait pour passer professionnel.
Le monde du MMA est en deuil. Pengo Bossio Wangi, combattant amateur prometteur de la Atch Academy d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a perdu la vie lors de l'attaque terroriste de Trappes, de vendredi. Un drame que le président Emmanuel Macron a qualifié dans la soirée "d'attentat terroriste raciste".
‘’Pengo était de ceux qui donnent l’exemple’’. Stéphane "Atch" Chaufourier, fondateur du club en 2003, se souvient d'un combattant rigoureux et solaire, du haut de ses 77 kg de muscles dans la catégorie des welterweight.
"Je suis doublement peiné. Pengo était un amateur prometteur. Il s'investissait beaucoup dans son sport. Il venait s'entraîner très régulièrement plusieurs fois par semaine et aspirait à passer professionnel", souffle-t-il. "Il avait toujours le sourire et parlait à tout le monde."
"On est bouleversés du drame qui nous touche et qui touche sa famille", explique-t-il auprès de BFMTV. "C’était quelqu’un vraiment de très attachant qui voulait réussir à travers le sport qu’il avait choisi, toujours le sourire entouré des siens. Nous sommes tristes et bouleversés."
Également sous le choc, la "Atch" a fait part de son "immense tristesse" et d'"une profonde stupeur". Avant de saluer la mémoire de son combattant à travers un message poignant sur ses réseaux sociaux: "Pengo faisait partie des nôtres. Sur les tapis comme en dehors, il était de ceux qui donnent l'exemple: présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut. Son sourire, son énergie et sa générosité resteront gravés dans nos murs et dans nos cœurs".
L'ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera a elle aussi rendu hommage à la victime: "Pengo Bossio Wangi était l’un des nôtres. Il n’est plus. Mort à Trappes sous les balles de la haine extrême, de la folie, du terrorisme et du racisme. A ses proches, à son club de MMA emmené par « Atch » et à son coach Mathis, je veux adresser mes condoléances les plus attristées, les plus solidaires. Les plus combatives aussi : aucun d’entre nous ne peut accepter de voir une telle folie haineuse monter en France. Stoppons-la avant qu’elle ne s’installe."
Pengo Bossio Wangi tentait de marcher dans les pas d'autres noms passés par la mythique salle dyonisienne (Salahdine Parnasse, Fabacary Diatta). S'il rêvait de passer professionnel et de monter sur les plus grands rings pour vivre de sa passion, il n’aura pas eu le temps d'accomplir son destin.
La Atch Académie prépare un hommage à son combattant lors de l'événement "100% fight" à Aubervilliers ce samedi.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville