Boulevard énergétique d’Imboulou : la ville d’Ewo a été oubliée

Le boulevard énergétique d’Imboulou ne s'est arrêté qu'à Boundji. Les travaux de la connexion avec la ville d’Ewo, capitale départementale de la cuvette-Ouest (nord) pourtant très avancés, se heurtent simplement au manque de volonté politique.

«Il suffit que l'ordre tombe, en deux semaines, toute la ville d’Ewo est électrifiée », nous a confié un élu local, sous couvert de l’anonymat.

Plus d’eau potable et d’électricité. Le désarroi des visiteurs ne se cache pas longtemps une fois le soleil couché. Dès la tombée de la nuit, la capitale départementale de la Cuvette-Ouest est plongée dans une obscurité totale.

Les habitants résignés se retirent petit à petit chez eux en attendant le levé du jour. Les populations se désaltèrent désormais avec les eaux des puits ou de source.Les risques des maladies microbiennes sont grands.

Le « grand boulevard énergétique » projeté par Denis Sassou N’Guesso en 2003, au moment du lancement des travaux de construction du barrage d’Imboulou, visait l’électrification du pays à 90% d’ici à 2025, en mettant un accent particulier sur l’électrification rurale.

Il s’agissait de faire profiter à tout le pays de l’électricité produite depuis les centrales à gaz de Djeno, les centrales hydroélectriques de Moukoukoulou, d’Imboulou et de Liouesso.

Dans son Message à la Nation prononcé le 23 décembre 2020, le Président Denis Sassou N’Guesso avait demandé au gouvernement d’accélérer la réalisation de deux autres infrastructures électriques importantes, à savoir les lignes Boundji-Éwo et Djambala-Lékana, avec pour objectif de les achever au premier trimestre de l’année 2021.

Les populations d’Ewo sont toujours dans l’expectative.

Il faut dire que, de plus en plus sollicitées dans les grandes villes du pays et en zone rurale, l’eau et l’électricité restent encore un luxe à Ewo.

Outre l’électricité, les 27 Km non bitumés entre Boundji et Ewo, restent un grand casse tête, surtout lorsqu'il pleut. Là, on ne parle quasiment plus de nids de poules, mais plutôt de trous béants ouverts au beau milieu de la chaussée. Un calvaire pour les usagers de ce tronçon qui se voient obligés de passer des journées et des nuits entières sur la route, exposés aux intempéries en cette période pluvieuse.

Les commerçants, les propriétaires de véhicules et autres usagers de cette voie se plaignent et appellent le gouvernement à l’aide.

Cette route est la preuve de la démission des autorités face aux problèmes cruciaux que vivent les populations d’Ewo.

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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