Lettre à mon frère Okemba (Par Michel Mboungou-Kiongo)

Bonjour mon frère. Comment te le dire ! Tu es mon frère ! Il y a en toi comme en moi, quelque chose qui est de l'ordre de l'indicible, mais qui parle à nos âmes. Un jour, nous réussirons à le définir correctement, à la matérialiser et à la partager dans un vivre-ensemble national apaisé. Merci pour ta brève, succincte, mais combien puissante exhortation que tu m'as envoyée, concernant la noble dynamique qui nous anime, Monseigneur Hervé Itoua et moi-même pour rechercher dans les sciences sociales, le limon de notre véritable âme conçue par le Créateur Tout puissant, et qu'il a fait déposer, , à dessein, selon sa grande sagesse, dans des seins de femmes installées dans des terroirs choisis d'avance par sa préscience aux quatre points de notre beau pays, le Congo Brazzaville.

Et c'est dans ces pouponnières tropicales et équatoriales, que nous avons été allaités, nourris et façonnés à une langue maternelle qui nous a permis de comprendre et d'exprimer une culture, la nôtre celle de notre terroir de naissance.

Cette langue maternelle, qui est une (langue) en plusieurs autres (langues) déclinées, au rythme des nuances enrichissantes venant des terroirs mitoyens, s'est enrichie en se mixant aux tempos de notre écho système environnemental; tant proche que lointain sur l'ensemble de notre territoire national congolais.

Et ce "biberonnage" en langue(s) et culture(s) de nos terroirs régionaux a fait de nous les véritables *Enfants de la République*. C'est pourquoi, ceux qui ont compris cette vérité doivent préserver dans la recherche des invariants qui favorisent la construction de nos imaginaires régionales pour les agréger dans le socle de l'édifice national afin de mettre sur pieds une nation congolaise unie, juste et indivisible.

S'agissant du racisme des nations comme de l'ethnicisme des États qui froissent la conscience de l'Africain et du Congolais que je suis, il est un constat qui s'impose et estampille la nature humaine comme un fer chauffé à blanc et vissé à la conscience des peuples du monde entier.

En effet, depuis les premiers contacts de l'Afrique avec d'autres peuples, le racisme a été favorisé et pérennisé par le manque de responsabilité des dignitaires qui étaient en charge de diriger des peuples. Ces dirigeants africains des premiers contacts avec des étrangers, en sont arrivés à montrer le "défaut de la cuirasse" aux arrivants. Car trop enclins à vivre dans l'insouciance parce l'environnement physique leur étant favorable, les Africains n'ont pas développé une philosophie de défense de leur propriété et de leur espace vital.

L'Africain, prompt à tendre la main pour recevoir le vrai-faux "cadeau" la vraie-fausse humanité présentée par l'arrivant, il a aussi tendu les bras pour accueillir bênetement celui qui venait de loin, alors "qu'à beau mentir vient de loin". l'Africain n'a pas été vigilant pour détecter les intentions manipulatrices de l'allogène. Alors, mal lui a pris lorsqu'il s'en est rendu compte. Mais, c'était trop tard : le verre était dans le fruit.

Malheureusement, ce niveau de conscience presque infantile, n'a pas changé depuis ces temps passés où L'Africain s'est fait gruger. Pris individuellement ou collectivement, le Noir ne semble pas avoir beaucoup appris de ses déboires tout au long de son histoire. D'aucuns, se consolent en s'enfermant dans une approche puérile d'une malédiction, totalement imaginaire et dogmatique, qui viendrait d'un Dieu blâmeur !

Et là, il y va de toute la litanie de la repentance castratrice et redoutable emprisonnement mental qui empêche l'esprit de liberté de dire non à cette bêtise humaine travestie en commandement d'un Dieu fouettard. Voilà que, depuis ces temps immémoriaux, le Noir se vautre dans une étourderie d'embrouille favorisée par sa peur psychiatrique et morbide de "décevoir" un Dieu blâmeur, fouettard et maudissant.

Toute chose étant égale par ailleurs, tous les marchands d'illusion ont vu la brèche et s'y sont engouffrés. Et dans cette foire d'empoigne et de course à l'échalote, les religieux (maîtres de la modification), les gourous de sectes en tous genres, les politicards carriéristes qui aiment à se faire appeler "politiciens", ainsi que tous les vautours qui se repaissent de la bêtise humaine, s'en donnent à cœur joie et à gorges déployées pour dépecer le mammouth.

Ces aventuriers, nomadistes, explorateurs et exploiteurs de la condition humaine, se proclamant dirigeants politiques, singulièrement en Afrique, ont trouvé leur véritable terrain de jeux par excellence : Ils exploitent l'incrédulité des populations dont ils ont pris en otage la capacité de penser et d'interroger leur vécu social.

À noter que ces "Ayatollah" de la pensée, ne supportant aucunement l'esprit critique - le doute intelligent et salvateur - s'organisent toujours, à travers des sectes qui sont de terribles et ignobles "maisons closes" au sein desquelles se trament les commerces les plus illicites qui soient. C'est dans ces milieux sulfureux que se planifie les agendas conspirationnistes pour traire la moutonnière et bêlante masse de suiveurs.

Or, à y regarder de près, les dirigeants africains font preuve d'une rare carence en responsabilité politique stratégique pour le développement des pays et l'épanouissement des peuples, qu'on en vient à se demander si ces Africains suiveurs méritent le respect des peuples qui les maltraitent à travers le monde ! Serait-ce, surprenant, étonnant et outrecuidant de voir et de constater que partout sur la terre, le Noir est ostracisé.

Est-ce que les cris d'orfraie suffiraient-ils à imposer le respect face à un monde qui a décidé de vous exterminer ?

Michel Mboungou-Kiongo ancien DG de Télé Congo (1994-1997)

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