Congo : Le tout premier mariage légal des peuples autochtones a été célébré à Moungoundou-Nord

C’était un événement à vivre pour croire samedi 11 septembre 2021 à la Sous-préfecture de Moungoundou-Nord dans le département du Niari (sud) : le tout premier mariage légal des peuples autochtones au Congo-Brazzaville. Bevelin Cardorel Levouandza a décidé d’épouser à l’état civil la désormais ex demoiselle, Bijoux Maranda. L’incroyable mariage a été officié, avec succès et dans le strict respect des gestes barrières pour limiter la propagation du virus Covid-19, par Georges Adrien Mavoungou, le sous-préfet et officier d’état-civil de Moungoundou-Nord, dans une ambiance bonne enfant et empreinte d'émotion.

C'est sans aucun doute le plus beau jour de leur vie. Bevelin Cardorel Levouandza et Bijoux Maranda ont été officiellement unis samedi dernier par les liens du mariage : le premier entre les peuples autochtones au Congo-Brazzaville.

Ils ont échangé un "oui" historique et sortis, main dans la main, de la Sous-préfecture de Moungoundou-Nord,  sous les applaudissements de l’assistance.

Avant de citer les articles du Code civil relatifs au mariage, Georges Adrien Mavoungou, le sous-préfet et officier d’état-civil de Moungoundou-Nord, a commencé la cérémonie par un discours sur la tolérance.

"Votre histoire rencontre en ce jour celle de tout un pays", a-t-il déclaré.

«C'est un évènement sublimatoire à inscrire à l'actif non seulement du couple qui s'est engagé ce jour, mais aussi des autorités congolaises en l'occurrence le Président de la République, Denis Sassou N’Guesso qui a fait de la promotion et de la protection des droits des populations autochtones son cheval de bataille. Une volonté matérialisée par l'adoption de la loi n'5-2011 du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des peuples autochtones, ainsi que le nouveau Plan d'action national d'amélioration de la qualité de vie des peuples autochtones pour la période 2022-2025. Personne ne pouvait rêver d'une telle avancée. Et c’est du jamais vu au Congo-Brazzaville », nous a confié Georges Adrien Mavoungou, le sous-préfet et officier d’état-civil de Moungoundou-Nord.

Profitant de cette célébration , l’officier d’état-civil n’a pas manqué d’interpeller la conscience de l’assistance, notamment des bantous qui doivent désormais changer de comportement en vue d’améliorer leurs rapports quotidiens avec les peuples autochtones qui sont et demeurent des compatriotes à l’égard desquels toute attitude méprisante ou toute idée reçue devrait être bannie sous peine de subir des sanctions prévues par la législation nationale et internationale.

« Je suis un homme comblé », a déclaré, la bague au doigt, le marié, le visage illuminé et le cœur rempli de joie, après la cérémonie qu’il a préparé patiemment.

Même si beaucoup de congolais considèrent la polygamie comme une valeur culturelle héritée des ancêtres, les mariés ont choisi le régime matrimonial : communauté des biens, option monogamie.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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