Je confirme que le général Dabira est venu me voir deux fois dans mon bureau et m'a proposé de faire un coup d'État (Nianga Mbouala)

Je confirme que le général Dabira est venu me voir deux fois dans mon bureau et m'a proposé de faire un coup d'État (Nianga Mbouala)

La cour avait promis ce jeudi d'ouvrir les scellés et d'écouter le témoin, en l'occurrence le général Nianga Ngatsé Mbouala, ancien commandant de la Garde républicaine. La partie civile quant à elle brûlait aussi d'impatience pour écouter le témoin cité dans l’affaire Norbert Dabira, ancien bras droit et proche parmi les proches du président congolais, Denis Sassou-Nguesso, accusé d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat. Finalement le général à la barbe blanche, tête bien rasée et trempé dans son abacost bleu, a appuyé fort là où ça fait très mal : «Monsieur le procureur général, je pèse les mots. Le général Dabira était venu me voir deux fois dans mon bureau et m'a proposé de faire un coup d'État ».

«Le président ne s’occupe plus de nous. Nous avons beaucoup souffert dans ce pays. Il donne de l’argent seulement à ses enfants et à ses parents. Il nous faut faire quelque chose : abattre son avion », a-t-il ajouté avec sérénité, le regard caché derrière les lunettes.

Le 11 janvier dernier, Norbert Dabira a été placé en détention parce que les renseignements intérieurs auraient intercepté une conversation entre le général et le commandant en chef de la garde républicaine, Ngatsé Nianga Mbouala.

Dans cet échange, il se préparait un coup d’Etat. L’avion du président Denis Sassou Nguesso devait être abattu en plein vol, au retour d’un séjour dans son fief d’Oyo.

Le général Ngatsé Nianga Mbouala lui, avait été limogé, mais n’est pas inculpé.

Rappelons que dans cette affaire, c'est le général Nianga Ngatsé Mbouala qui a permis aux services de renseignements d'éventrer le complot, alors qu'il avait été approché pour faire partie des conjurés.

Jack MAÏSSA / Les Echos du Congo Brazzaville