De nombreux parents s’étant rendus au cimetière de Mont-Barnier en ce dimanche 1er novembre pour le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs ont eu la désagréable surprise de découvrir des tombes profanées. Ceux qui y ont été confrontés ont trouvé un caveau dépouillé du défunt qu’il contenait.
Spectacle affligeant et déchirant, que celui auquel ont été confrontés des parents qui gerbe de fleurs à la main, ont découvert des tombeaux vides, en ce jour où on honore les morts.
Des témoins ont recensé au moins une vingtaine de tombes profanées, avec disparition de cadavre ou des ossements, pour les plus anciennes.

Une tombe présentait un cercueil à découvert, encore positionné dans la tombe avec le défunt en place, comme si les déterreurs avaient subitement abandonné leur « besogne ».

Le nombre de tombes profanées interroge sur ces pratiques qui se font désormais jour dans la société congolaise, avec des rituels axés sur les dépouilles ou des ossements des personnes décédées.

Dire que ceux qui ont posé ces actes travaillent en réseau, tant le mode opérationnel est le même pour toutes les tombes profanées. La terre meuble leur ayant facilité la tâche.

Reste que le transport des dépouilles ou des ossements a dû nécessiter toute une logistique impliquant des complicités à différents niveaux, sur un périmètre où toute circulation à des heures indues est presque interdite.
Dans ce cimetière fermé à toute inhumation depuis de nombreuses années déjà, combien de tombes non encore découvertes auraient-elles été profanées ?

Face à cette flagrance, même en l’absence de plainte des parents désemparés, le procureur de la République est en droit de s’autosaisir, afin d’ouvrir une enquête permettant des investigations pouvant le cas échéant aboutir à l’arrestation des auteurs de ces actes hautement repréhensibles, car toute atteinte à l’intégrité d’un cadavre est un délit grave. Et cela est encore plus grave, voire un crime, quand il s’agit d’un enlèvement à des fins de trafic d’organes, d’ossements ou de pratiques rituelles.
Pour les parents victimes de l’enlèvement du cadavre d’un des leurs, une action en justice permettra de refaire le deuil pour un défunt désormais dépourvu de sépulture, bien pire, porté disparu.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville