À Pointe-Noire, le carburant manque mais les prix du transport, eux, ont fait le plein !

À Pointe-Noire, le carburant manque mais les prix du transport, eux, ont fait le plein !

À Pointe-Noire, se déplacer devient progressivement une véritable épreuve de patience et surtout de portefeuille. La pénurie de carburant qui touche la ville océane complique sérieusement les déplacements des habitants, contraints de composer avec une offre de transport réduite et des tarifs qui prennent, eux, la direction opposée à celle du carburant : ils montent !

Dans plusieurs quartiers, trouver un moyen de transport relève désormais du parcours du combattant. Les files d’attente s’allongent, les véhicules se font plus rares et les passagers doivent parfois attendre longtemps avant de trouver une place.

Pour certains trajets, la facture devient particulièrement salée. Entre Ngoyo et le marché central, par exemple, il faut désormais débourser jusqu’à 500 FCFA, selon les conditions et les véhicules disponibles. Une somme qui peut sembler modeste prise isolément, mais qui pèse lourdement sur le budget quotidien des travailleurs, commerçants et autres usagers qui doivent effectuer plusieurs déplacements par jour.

Et à Pointe-Noire, quand le transport augmente, ce n’est pas seulement le passager qui tousse : c’est tout le panier de la ménagère qui commence à avoir le vertige !

Le problème dépasse donc largement la simple question du déplacement. Lorsque le transport devient plus coûteux, les conséquences peuvent rapidement se répercuter sur les activités économiques. Le commerçant qui dépense davantage pour rejoindre son lieu de travail, le vendeur qui doit payer plus cher pour acheminer ses marchandises ou encore le salarié qui consacre une part plus importante de son revenu au transport en ressentent directement les effets.

Dans cette situation, les habitants de Pointe-Noire doivent faire preuve d’une capacité d’adaptation remarquable. Certains modifient leurs horaires, d’autres regroupent leurs déplacements, tandis que plusieurs usagers privilégient la marche lorsque la distance le permet.

Mais tout le monde ne peut évidemment pas marcher de Ngoyo jusqu’au marché central avec un sac de courses sur la tête et le sourire aux lèvres !

La situation met également en lumière l’importance stratégique du transport urbain dans une grande ville comme Pointe-Noire. Lorsque la circulation des personnes est perturbée, c’est toute la ville qui fonctionne au ralenti.

Les habitants espèrent donc une amélioration rapide de l’approvisionnement en carburant et un retour progressif à une situation plus normale. Car à Pointe-Noire, le carburant peut manquer dans les stations, mais les habitants, eux, doivent continuer à travailler, commercer et faire vivre la ville.

En attendant, chaque déplacement devient une petite négociation entre la distance, le prix et l’état du porte-monnaie.

À ce rythme, bientôt, avant de demander au chauffeur : « On va où ? », le passager risque de commencer par demander : « Ça coûte combien ? » 

Une chose est certaine : les Ponténégrins méritent de pouvoir se déplacer dans des conditions accessibles et régulières. Car une ville qui travaille est une ville qui doit pouvoir circuler.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR