La scène slam congolaise est en deuil après l’assassinat de l’artiste slameuse Princia Besty à Brazzaville. Les faits se sont déroulés alors que la jeune femme s’était rendue dans la capitale pour retirer son passeport en vue d’un voyage en France.
Elle avait le verbe juste avec des textes incisifs qui ouvraient les yeux sur le monde en mouvement, pour dire l’évidence des hommes, des choses et des idées.
Princia n’était pas seulement une slameuse, mais une poétesse et une philosophe à la fois, qui prêtait vie aux mots dans lesquels elle insufflait un souffle vivifiant, celui qui traverse le corps et les sens, pour se loger dans le moi profond, osons le mot, dans l’âme.
C’est dire que cette jeune artiste pleine de talent, si elle n’était pas le talent incarné, avait un réel avenir devant elle, car travaillant chaque jour davantage avec autant d’implication que d’ardeur.
Véritable ambassadrice de la langue française qu’elle maniait avec toutes ces subtilités qui côtoient le génie littéraire, Princia s’apprêtait à se rendre en France. Un voyage qui hélas n’aura plus lieu car elle est tombée sous le coup des assassins qui l’ont violée et assassinée.

Partie de Pointe-Noire pour Brazzaville afin de récupérer son passeport en prévision de cet imminent voyage en France, elle était hébergée par son oncle âgé de 30 ans, vendeur d’essence communément appelé « Kadhafi ».
Selon certaines rumeurs non vérifiées, des amis de l’oncle se seraient introduits au domicile, où ils ont violé et tué Princia.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux intervenants accusent l’oncle de complicité avec les meurtriers de sa nièce. Une version que sa sœur, la mère de Princia a récusée, affirmant qu’oncle et nièce vivaient en très bon termes.
Quoi qu’il est soit, si l’oncle est en lien avec les présumés assassins qui auraient agi avec ou sans son accord, la police et la justice dispose d’éléments probants pour une enquête qui pourrait aboutir rapidement.
Ce drame soulève une vive émotion et interroge sur les motivations réelles de ce crime.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville