Avant l'arrivée des briques industrielles, du ciment et des catalogues de villas aux noms compliqués, la véritable star de la construction dans tous les villages du Congo-Brazzaville était la terre. Oui, cette même terre sur laquelle nous marchons aujourd'hui sans lui dire merci.

Les maisons en terre battue faisaient autrefois la fierté des villages congolais. Fraîches en saison sèche, accueillantes en saison des pluies, elles étaient de véritables climatiseurs naturels à une époque où l'électricité relevait parfois du rêve.

Pendant que les maisons modernes chauffent comme des marmites au soleil, les vieilles cases en terre offraient gratuitement une fraîcheur digne d'un hôtel cinq étoiles.
Mais le plus beau n'était pas seulement la maison. C'était sa construction. Lorsqu'une famille décidait de bâtir, c'est tout le village qui répondait présent.

Les hommes mélangeaient la terre, les femmes préparaient les repas, les jeunes transportaient l'eau et les anciens distribuaient conseils et bénédictions.

Personne ne demandait de devis, personne n'envoyait de facture. La monnaie de l'époque s'appelait solidarité.

Ces maisons ont vu naître, grandir et réussir des générations de Congolais. De nombreux cadres, enseignants, infirmiers, administrateurs et responsables du pays ont fait leurs premiers pas sur ces sols en terre battue.
Comme quoi, le succès ne naît pas forcément entre quatre murs en béton.

Aujourd'hui encore, ces habitations battues par tout le village, rappellent une époque où l'entraide était une richesse, où l'écologie était naturelle et où les villages savaient transformer la terre en patrimoine.
Elles restent le symbole d'un savoir-faire ancestral qu'il convient de préserver et de transmettre aux nouvelles générations. Car finalement, la terre ne servait pas seulement à construire des maisons, elle construisait aussi des communautés.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photos : DR