La société Energie Electrique du Congo (E2C) emploi depuis des agents temporaires ou journaliers, qui sont payés à la tâche (les tâcherons). Le 18 mai 2026 à Brazzaville, des dizaines d’entre eux, pour réclamer leur recrutement ou intégration au sein de ladite société, ont procédé à une vocifération en masse devant la direction générale pour une manifestation pacifique. Question d’interpeler les autorités administratives, voire le Ministère de tutelle ou les politiques. Nombre parmi eux totalisent 20 ans de précarité.

Dans un souci d’attirer l’attention de leur administration et de leur tutelle, les journaliers ont ainsi exprimé leur colère en manifestants devant les bureaux de la direction générale de la société Energie Electrique du Congo, pour un recrutement définitif ce, après une vingtaine d’années de service, dans des conditions jugées éphémères et inhumaines.

Lors de leur manifestation revendicative, les journaliers ont dénoncé des promesses non tenues de la part de la hiérarchie et un système de recrutement par cas, qu’ils jugent et estiment très injuste.
Très tôt le matin, la foule s’est rassemblée devant les locaux de la direction générale de la société Énergie Électrique du Congo. Réunis devant le bâtiment de l’entreprise de Brazzaville, plusieurs journaliers ou tâcherons ont exprimé leur ras-le-bol face à cette situation qui perdure et qu’ils qualifient de « précarité prolongée ».
Selon les manifestants-protestataires, certains travaillent depuis près de vingt ans sans pourtant bénéficier d’un statut officiel. Ces derniers affirment percevoir uniquement une prime mensuelle d’environ 25.000 F.CFA, qui est du reste souvent payée irrégulièrement, malgré les charges et responsabilités quotidiennes des uns et des autres.
« Nous travaillons depuis 15 à 20 ans sans être recrutés. On fait du bénévolat sans relâche », ont dénoncé les manifestants.
« Nous contribuons largement au bon fonctionnement de l’entreprise. Plusieurs d’entre nous interviennent dans la facturation, le relevé d’indices des compteurs ainsi que dans des travaux techniques essentiels », ont-ils fait savoir, chagrinés.
Selon eux, la société pratique un système de recrutement fondé sur le copinage et le ’’favoritisme’’.

« Quand il faut recruter, ce sont les proches des responsables, des chefs, qui n’exercent même pas, qui arrivent subitement, et qui sont choisis à la place de ceux qui ont déjà des années de petite expérience, qui sont embauchés », a déploré un membre du collectif.
Au vu de la situation persistante, la société leur avait fait une proposition d’indemnisation qu’ils ont purement rejeté, exigeant simplement leur intégration immédiate au sein des effectifs de E2C. Ils disent avoir reçu plusieurs promesses d’embauche depuis 2006 sans résultat probant.
Par conséquent, cette mobilisation constitue un premier défi social majeur pour les autorités du secteur de l’énergie électrique du gouvernement Makosso III. Plusieurs observateurs craignent désormais une extension du mouvement si aucune solution idoine n’est trouvée dans l’immédiat.
VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville