A Mayoko et à Mbinda, dans le département du Niari (sud), là où la forêt murmure encore les secrets des anciens et où la nature reste généreuse pour ceux qui savent l’écouter, une réalité s’impose avec autant de courage que d’ingéniosité : face au chômage qui serre un peu trop fort, les jeunes ont décidé de ne pas rester les bras croisés mais plutôt de les armer (de courage, bien sûr !) pour partir à la chasse. Ici, la chasse aux gibiers n’est pas qu’une simple activité traditionnelle. Elle devient une véritable bouffée d’oxygène économique, une réponse locale à une situation globale.
Entre deux sentiers poussiéreux et trois pièges savamment posés, les jeunes de Mayoko et Mbinda transforment leur détermination en solution concrète pour nourrir leurs familles.
Et il faut le dire, dans cette partie du pays, on ne plaisante pas avec la débrouillardise !
Quand certains envoient des CV qui restent sans réponse, d’autres envoient des chiens pisteurs avec des résultats bien plus tangibles.

A Mayoko et à Mbinda, le gibier, lui, ne demande ni diplôme, ni entretien d’embauche—juste un peu de patience, beaucoup d’adresse et une bonne dose de courage.
Mais au-delà de l’aspect économique, cette pratique renforce aussi les liens communautaires. On partage le produit de la chasse, on transmet les techniques ancestrales, et on entretient un savoir-faire qui, lui, ne connaît pas la crise.
Un porc-épic attrapé aujourd’hui, c’est un repas partagé demain, et souvent quelques rires autour du feu pour accompagner le tout.
Bien sûr, cette réalité appelle aussi à une gestion responsable des ressources naturelles. Car si la forêt nourrit, elle mérite aussi d’être protégée. Et les jeunes de Mayoko et Mbinda en sont de plus en plus conscients : chasser oui, mais avec respect, pour que demain encore, la nature continue de dire “présente”.
En somme, à Mayoko et à Mbinda, la chasse n’est pas seulement une tradition, c’est un acte de résilience.
Et pendant que le chômage tente de mettre tout le monde à genoux, ces jeunes-là, eux, préfèrent courir derrière le gibier que derrière les promesses.
Et entre nous, mieux vaut courir après un porc-épic bien réel que derrière un emploi qui joue à cache-cache !
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville