Les élèves prêts pour les examens d'État, un satisfecit en trompe-l’œil ?

Après des examens d'État catastrophiques en 2015, on s'attendait à de meilleures conditions pour 2016. Pourtant, d'une année à une autre, les élèves congolais semblent jouer de malchance alors que les décideurs de l'école qui se passent les tabliers arguent que tout va bien. Mais, est-ce vrai ?

L'année 2015-2016 aura pour les élèves congolais, surtout ceux des grandes villes, un arrière goût d’inachevé, à défaut de l'impréparation.

Le calendrier politique ainsi que les différentes manifestations qui s'y sont greffées ont causé de nombreux désagréments dans le calendrier scolaire et de surcroît dans la maîtrise des connaissances par les apprenants.

Bien courageux, celui qui parmi les différents ministres qui se passent les consignent à l'éducation nationale, émettra des réserves sur le niveau de préparation des élèves et étudiants dans leurs capacités à affronter les examens de fin d'année et d'en différer la tenue.

Du préscolaire à l'université, l'année scolaire et académique aura été hachée, menée en dent de scie avec des conséquences évidentes tant sur l'acquisition réelle des connaissances que sur l'effectivité du niveau acquis ou certifié.

Les arrêts de travail du personnel enseignant liés aux différentes revendications administratives n'ont vraisemblablement pas eu d'impact sur les cours réellement dispensées. Pourtant...

Que dire des étudiants de l'université Marien Ngouabi où les enseignants vacataires avaient mis au ''point mort les facultés et instituts'' pendant près de deux mois. À cela s'ajoutent les périodes de ''cas de force majeure'' des troubles sociopolitiques d'octobre 2015 ou d'avril 2016.

À l'école primaire, au collège ou au lycée, la situation est sensiblement la même.

Pourtant, si pour les classes intermédiaires, les examens seront basées sur un programme réellement abordé en classe, les examens d'État dessineront à coup sûr des disparités d'assimilation de connaissances chez les élèves d'un coin à un autre du pays.

Les dates des examens sont arrêtées de nombreux mois à l'avance, avec le souhait que les choses se fassent comme prévu. En cas d'incident de parcours comme c'est le cas pour l'année en cours, aucun correctif n'est hélas apporté et les responsables à tous les niveaux semblent se complaire à se mentir à eux même en affirmant que tout va bien.

Faut-il relever que c'est aussi une antivaleurs, que de manquer de franchise administrative ?

Certes, le calendrier scolaire congolais s'incruste dans celui de l’international afin d'harmoniser les saisons ou les périodes d'examens. Mais faire des ajustements en fonction de certains aléas conjoncturels n'est pas non plus un aveux d'échec.

Le président de la république accorde une place prépondérante à la redéfinition qualitative de l'école congolaise. Depuis plus de deux ans, des moyens colossaux lui sont consacrés. Il importe alors que les décideurs de l'école œuvrent dans ce secteur non comme des courtisants vis à vis du chef de l'État mais comme des techniciens ayant entre leurs mains la gestion du destin des générations futures.

Toutes erreurs d'appréciation, quelles qu'elles soient, impactent l'avenir et le devenir de la nation. C'est, comme aurait dit Denis Sassou Nguesso il y a quelques années, « sacrifier l'avenir au présent » mais, lequel ? Assurément pas la posture de quelque responsable que ce soit.

Souvenons-nous en, la ''GAR'', gestion axée sur les résultats, c'est de la base au sommet. Et les résultats de l'école sont en soi une évaluation pour ceux qui la gèrent.

Benoît BIKINDOU

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