Modeste BOUKADIA, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) a été arrêté à sa descente d'avion à Brazzaville, le 15 janvier dernier. Il a ensuite fait l’objet d’un transfèrement pour Pointe-Noire, afin d’y être écroué.
Condamné par contumace à 30 ans de travaux forcés par la Cour criminelle de Pointe-Noire en 2014, Modeste Boukadia restait sous le coup d’un mandat d'arrêt pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’État".
Au cours de ce procès, la Cour criminelle avait également requis les peines de sept ans de détention pour 3 accusés et cinq ans de prison ferme à l’encontre de 11 accusés pour les mêmes motifs dont Huxley Houadiabantou ciblé en raison de son engagement politique. Il s’était notamment illustré lors du meeting du 29 juin 2013 organisé par le CDRC dirigé par Modeste Boukadia. Ce rassemblement, qui avait mobilisé de nombreux sympathisants de l’opposition, avait marqué le début d’une surveillance accrue, voire d’une répression systématique contre les militants du mouvement.
13 autres avaient été acquittés.
Des actes de violence aux conséquences critiques
Selon des témoignages concordants, l’opposant Huxley Houadiabantou aurait subi pendant plusieurs jours des traitements d’une extrême brutalité dans les locaux de la gendarmerie. Ces sévices auraient entraîné une dégradation rapide de son état de santé, nécessitant son transfert en urgence vers un hôpital de la ville océane.
La situation de Huxley Houadiabantou a suscité une vive inquiétude tant au niveau national qu’international. Membre actif du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo, cet opposant politique serait aujourd’hui en danger de mort après avoir subi de graves violences lors de sa détention à Pointe-Noire.
Le cas de Huxley Houadiabantou s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques.
Depuis le meeting de 2013, plusieurs membres du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo auraient été arrêtés, emprisonnés ou contraints à l’exil.
Cette situation alimente un climat de peur et de méfiance au sein de l’opposition, où l’engagement politique peut exposer à des risques sérieux pour la sécurité personnelle.
Face à la gravité des faits, les proches de la victime ont lancé un appel pressant à la communauté internationale. Ils ont exigé :
Sa mise en sécurité dans un cadre médical adapté, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences subies.
Au-delà de ce cas individuel, cette affaire a relancé le débat sur la protection des droits fondamentaux au Congo et sur la nécessité de garantir la sécurité de tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques.
Le jeune opposant au régime de Brazzaville a quitté le pays, prenant une direction tenue secrète, y compris pour ses proches, qu’ils soient de sa famille politique ou biologique. Ce départ précipité visait à le mettre à l’abri des menaces de mort et du climat de peur qui pesaient sur lui.
Dans la foulée, son domicile situé au quartier Loandjili a été pris pour cible. Selon les informations rapportées, des individus cagoulés et non identifiés y ont fait irruption, avant de procéder à sa destruction, laissant derrière eux un climat d’inquiétude et de vive tension.
Cet épisode illustre les risques auxquels certains acteurs politiques peuvent être confrontés dans des contextes marqués par de fortes tensions, et soulève des interrogations quant à la sécurité des opposants et au respect des droits fondamentaux.
Lors d’une manifestation organisée à Pointe-Noire, les condamnés et recherchés dont Houadiabantou avaient dans leurs principales revendications, demandé la démission du gouvernement et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale avec pour premier ministre Modeste Boukadia.
De même Modeste Boukadia appelait à la sécession se prononçant comme l'Autorité politique d’un Etat du « Sud Congo » à naître.
Des idées qu’il a continué à exprimer lors de son séjour français. En novembre dernier, il écrivait au « Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, pour lui exprimer la volonté irréversible du Peuple Kongo à se saisir du droit international des Peuples à disposer d’eux-mêmes » marquait-il entre autres propos.
Lors du procès Boukadia, à l’énoncé du verdict, le substitut général Jacques Milongo, précisait : "c'est une leçon bien appliquée, parce qu'il faut comprendre simplement que la place doit être donnée à la loi. Ce n'est pas un procès contre un parti ou des partis politiques, mais un procès contre les fauteurs de troubles".
Né le 15 juin 1954 à Brazzaville, Modeste Boukadia est un homme politique, peu connu des Congolais, même s'il a été candidat à l'élection présidentielle de juillet 2009.
Quoique se sachant condamné, Modeste Boukadia avait annoncé son retour au Congo. Jugé par défaut et condamné par contumace, il espère par ce retour jouer des mécanismes qu’offre la loi pour espérer une révision de son procès afin de se défendre personnellement.
Bertrand BOUKAKA