Congo – Violences xénophobes en Afrique du Sud : Le gouvernement rapatrie les ressortissants congolais sur la base du volontariat

Congo – Violences xénophobes en Afrique du Sud : Le gouvernement rapatrie les ressortissants congolais sur la base du volontariat

La tension monte en Afrique du Sud à l’approche du 30 juin date butoir donnée par les mouvements xénophobes, avec l’appui tacite des autorités, pour que les immigrés clandestins quittent le pays. Entre clandestins et non clandestins, les xénophobes sud-africains ne font pas de différence. Afin de ne pas exposer ses ressortissants à la vindicte des groupuscules déchainées, le gouvernement congolais a mis en place un programme d’assistance qui se décline en un rapatriement sur la base du volontariat. Outre le Congo, d’autres pays africains tels le Nigéria, le Ghana ou le Malawi ont initié la démarche.

Depuis plusieurs semaines, les manifestations xénophobes se multiplient à travers l’Afrique du Sud, avec une bestialité sans pareil, comme si les noirs sud-africains voulaient faire revivre à ceux qui avaient accompagné leur libération, les pires moments du joug de l’apartheid.

Le climat de peur est entretenu par des groupes xénophobes qui exigent le départ des étrangers illégaux d'ici la fin du mois de juin. 

Et à mesure que l'échéance du 30 juin approche, beaucoup craignent une nouvelle flambée d’animosité.

Pour les congolais, l’ambassade a publié un chronogramme de rapatriement.

Si de nombreux pays africains déplorent les agissements des groupuscules sud-africains qui bénéficient de la complicité tacite des autorités, les congolais de Brazzaville  se sentent eux très touchés par ces pratiques, eux, qui du plus petit jusqu’au plus grand, avaient épousé la cause sudafricaine du temps de l’apartheid, jusqu’à la libération de Nelson Mandela. Un soutien politique, médiatique et financier, au point que le président Denis Sassou N’Guesso initia le ‘’Fonds Africa’’ porté par l’Organisation de l’Unité Africaine, OUA.

Faut-il se souvenir de ce que l’Afrique a fait pour l’Afrique du Sud ?

Au Congo, des journalistes comme Georges Bakari épousèrent la cause des Noirs sud-africains, en donnant les nouvelles de leur condition à la radio, fédérant du coup l’ensemble de la population à cette cause pour laquelle tous se sentaient concernés. La  célèbre phrase « kiadi mingui na Afrique du Sud » suffisait à émouvoir les cœurs.

Pendant des décennies, en effet, lorsque les Noirs sud-africains vivaient sous le joug de l’apartheid, lorsque leurs droits étaient piétinés, lorsque leurs leaders étaient emprisonnés, torturés ou assassinés, l’Afrique entière s’est tenue à leurs côtés.

De nombreux pays africains allèrent jusqu’à rompre les relations diplomatiques à leur dépend, avec les pays occidentaux qui soutenaient la politique d’apartheid.

Et comment cette dernière les remercie des années plus tard ?

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville