Le stade de Bangui a servi de cadre à une cérémonie d’ampleur pour l’investiture de Faustin-Archange Touadéra, actant le début officiel de son troisième mandat à la présidence de la République centrafricaine. Cet événement, qui signe également l’entrée du pays dans la 7e République a été marqué par la présence de nombreux chefs d’État de et de gouvernement, parmi lesquels le président congolais, Denis Sassou N’Guesso.
Lundi 30 mars, moment historique à Bangui. Le président Faustin-Archange Touadéra, a prêté serment au complexe sportif Barthélémy Boganda devant près de 20 000 personnes.
Plusieurs chefs d’État africains ont fait le déplacement pour assister à cette investiture dans la capitale centrafricaine. Parmi eux, le Congolais Denis Sassou N’Guesso, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le Comorien Azali Assoumani, également président en exercice de l’Union africaine, ainsi que le Burundais Évariste Ndayishimiye.
De nombreux chefs de gouvernement, des membres du corps diplomatique et des responsables d’organisations internationales étaient également présents.
Vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre dernier avec 77,90 % des suffrages, Faustin-Archange Touadéra a prêté serment pour un troisième mandat de sept ans à la tête de la Centrafrique.
Cette investiture marque l’entrée officielle dans la VIIe République issue de la réforme constitutionnelle de 2023.

Pour l’occasion, Bangui a retrouvé un éclat oublié : des feux tricolores ont été réinstallés et mis en service pour la première fois depuis quinze ans, tandis que la place Omar-Bongo et le célèbre « Stade 20 000 places » ont bénéficié de travaux de rénovation express.
Marquant la constance des relations entre le Congo et la Centrafrique, le Président Denis Sassou N’Guesso a effectué le déplacement de Bangui, pour témoigner de son amitié et de celle du peuple congolais, au président Touadéra et au peuple centrafricain.

Le Congo-Brazzaville et la Centrafrique entretiennent des relations d'amitié et de coopération étroites, renforcées par leur proximité géographique et leur appartenance à la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).
Les deux pays partagent une frontière commune de 467 km et ont des liens historiques et culturels étroits. Ils collaborent dans divers domaines, notamment :
- Économie : Le Congo-Brazzaville est un partenaire commercial important pour la Centrafrique, notamment pour l'importation de produits pétroliers et de biens de consommation.
- Infrastructures : Les deux pays travaillent ensemble pour améliorer les infrastructures de transport, notamment le corridor fluvial Brazzaville-Bangui, qui est essentiel pour les échanges commerciaux.
Outre la desserte fluviale, le président congolais Denis Sassou N’Guesso a lancé il y a quelques semaines, les travaux du ‘’Corridor 13’’.
Le Corridor 13 est un projet de route transcontinentale qui relie Brazzaville (République du Congo) à Bangui (République centrafricaine), N'Djamena (Tchad), Tripoli (Libye) et Cape Town (Afrique du Sud). Ce corridor vise à renforcer les échanges commerciaux et l'intégration régionale en Afrique centrale.
Ce projet a pour objectifs :
- Améliorer la connectivité régionale : faciliter les échanges commerciaux et les déplacements entre les pays de la région.
- Stimuler le développement économique : créer des opportunités d'emploi et de croissance économique.
- Renforcer l'intégration régionale : promouvoir la coopération entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).
Le Congo et la Centrafrique œuvrent ensemble en matière de Sécurité. Des éléments de la Force publique congolaise sont présents au sein de la mission de paix des Nations Unies, la MINUSCA.
La coopération sécuritaire est également axée sur des efforts conjoints pour lutter contre les menaces transfrontalières. Le Congo-Brazzaville accueille des réfugiés centrafricains et les deux pays travaillent ensemble pour faciliter leur rapatriement et leur réintégration.
Ces relations d'amitié et de coopération sont renforcées par des visites régulières de haut niveau entre les deux pays, notamment entre les présidents Denis Sassou N'Guesso et Faustin Archange Touadéra.
Au-delà du faste de la cérémonie d’investiture, l’une des premières décisions attendues de la part de Faustin-Archange Touadéra est la nomination d’un vice-président, un poste clé créé par la nouvelle architecture institutionnelle.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville