Elle était une pionnière pour les femmes congolaises dans la politique, en sa qualité de première femme ministre au Congo-Brazzaville. Émilie Manima est décédée le mercredi 11 février à Brazzaville.
En 1975, soit 25 ans après l'accession du pays à l'indépendance, Émilie Manima fait son entrée au gouvernement. Elle est nommée ministre des Affaires sociales par le président Marien Ngouabi, le 9 janvier 1975. Elle a Henri Lopes pour premier ministre.

Sage-femme de formation, la ministre Manima s’affirme sans complexe au milieu des hommes, tant elle doit prouver que l’Union Révolutionnaire des Femmes du Congo (URFC) qui a fait pression sur le président Marien Ngouabi, pour une représentativité de la femme congolaise au gouvernement, défend une cause juste.
Dans la foulée, le Président Marien Ngouabi donnera d’ailleurs plus de visibilité à la femme congolaise. Agathe Félicie Lélo Pembellot épouse Mambou qui est la première femme magistrate de la République populaire du Congo, est nommée présidente du Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, en remplacement d'Emmanuel Alihonou. Elle occupera ce poste du 27 novembre 1975 à 1976.

Agathe Mambou est décédée le 13 octobre 2016 à Pointe-Noire.
Après Émilie Manima, des femmes se sont imposées comme ministres, les plus emblématiques étant Bernadette Bayonne (1984) : ministre de l'Éducation primaire - Jeanne Dambendzet (1989) : ministre du Travail et des Affaires sociales – Aimée Mambou Ngnali (1999) : ministre de la Culture et des Arts ou encore Claudine Munari (2009) : ministre du Commerce et des Approvisionnements.
Depuis, d’autres femmes, pas plus de 5 par équipe, sont appelées dans les différents gouvernements, sauf l’actuel qui en compte 7.
Rappelons Ingrid Ebouka-Babackas, est la première femme congolaise a avoir occupé un ministère dit stratégique, celui de l'Économie. Le ministère de l'Économie est souvent perçu comme le "cerveau" du gouvernement. Il est responsable de la gestion des finances publiques et de la définition des politiques économiques.
Tout porte à croire que la République rendra à Émilie Manima l’hommage qu’elle mérite et que les femmes ministres, anciennes comme actuelles, auront à cœur de sublimer la mémoire de leur illustre prédécesseuse.

En cela, la ministre Inès Nefer Voumbo Yalo-Ingani s’est toujours illustrée en grande organisatrice, pour fédérer autour de la cause.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville