Esclavage en Libye : Les européens ont une part de responsabilité, selon Alpha Condé

Esclavage en Libye : Les européens ont une part de responsabilité, selon Alpha Condé

Le président de l'Union Africaine (UA), Alpha Condé, parlant de l’existence d’un marché aux esclaves près de Tripoli, s’est montré très critique. Pour lui, les européens ont une lourde part de responsabilité dans ces trafics.

«En Libye, il n'y a pas de gouvernement, donc l'Union européenne ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés. On sait qu'en Libye il n'y a pas de moyens », a déclaré Alpha Condé lors d’une rencontre, hier après-midi, au palais de l'Elysée à Paris, avec son homologue français, Emmanuel Macron.

Alpha Condé assure que l'Union africaine est en contact avec tous les dirigeants pour tenter de trouver une solution, quitte, dit-il, à « faire revenir nos concitoyens ».

De son côté, le président français, Emmanuel Macron n'a pas aussi mâché ses mots pour qualifier la vente de migrants africains comme esclaves en Libye.

«C'est un crime contre l'humanité. C'est aussi une des formes de trafics aujourd'hui les plus rentables et qui nourrit les délinquances les plus graves et pour partie des réseaux terroristes. Cette traite des êtres humains génère plus de 30 millions d'euros par an, elle touche malheureusement plus de 2 millions et demi de personnes et 80% de ses victimes sont des femmes et des enfants », a-t-il rappelé.

Dans la foulée, Emmanuel Macron a annoncé que la France a initié une démarche au sein du Conseil de sécurité des Nations unies devant conduire à ses résolutions concrètes.

On rappelle que depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays a basculé dans le chaos. La Libye est devenue une voie de passage privilégiée vers l'Europe.

En sa qualité de président du comité de Haut niveau de l'Union Africaine sur la Libye, le président congolais Denis Sassou Nguesso a, dans une déclaration rendue publique à Brazzaville le 20 novembre 2017, condamné « sans réserve ces pratiques avilissantes et déshumanisantes ».

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo Brazzaville