La culture en confinement, les artistes congolais tissent le mauvais coton

Le président de l’Union des Musiciens Congolais (UMC), Godefroy Magloire Bonguili, dit Pape God, a demandé au gouvernement congolais et au comité de la riposte au Covid-19, de prendre en charge les artistes musiciens congolais jusqu’à la levée des mesures de confinement liée à l’état d’urgence, pour l’instant fixée au 15 mai 2020.

«Déjà bien vulnérables, nous sommes pauvres et précaires en majorité. L’arrêt des activités n’a fait qu’empirer notre situation », a déclaré le président de l’UMC, Godefroy Magloire Bonguili.

Au Congo-Brazzaville, toutes les prestations et rassemblements qui requièrent plus de 50 personnes sont proscrits.

Cette situation n’arrange pas les artistes musiciens. Bien au contraire, elle cause de graves préjudices économiques, notamment avec l’annulation des festivals, l’arrêt des contrats de concerts…

Sociétés d’auteurs inexistantes ou inefficaces, piratage... le manque à gagner est important pour les artistes congolais, qui peinent à profiter de leur succès.

Depuis plusieurs années, ils manifestent toujours leur inquiétude devant la dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Les points de cristallisation restent la perception de leurs droits, d’une part, et l’accompagnement social quasi inexistant, d’autre part.

Lassés de se retrouver toujours en situation de précarité et d'assistés, impuissants à la dégradation de leur vie, les créateurs des œuvres de l’esprit ne savent plus à quel saint se vouer.

Le BCDA ne remplit plus socialement, institutionnellement et professionnellement ses missions depuis des décennies. Le manque à gagner pour les artistes congolais du fait du non-paiement de leurs droits d’auteur est énorme.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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