Congo : Le gouvernement organise ces premières assises nationales du tourisme

Congo : Le gouvernement organise ces premières assises nationales du tourisme

Le gouvernement congolais organise, du 17 au 18 juillet 2017 à Brazzaville, ces premières assises nationales du tourisme en partenariat avec les agences du système des Nations Unies au Congo et la Banque mondiale en vue de présenter les potentialités touristiques du Congo dans toutes leurs dimensions.

Selon un communiqué du Ministère congolais du tourisme parvenu ce vendredi matin à notre rédaction, le Secrétaire générale de l’organisation mondiale du tourisme (OMT), le Dr Taleb Rifai prendra part à ces assises qui connaitront plusieurs panels dont entre autres, l’intégration de la destination touristique du Congo dans le circuit en Afrique, les difficultés rencontrées par les opérateurs du secteur touristique.

«Le développement durable du tourisme est devenu l’une des cinq priorités de la République du Congo qui tient à l’inscrire dans une dynamique africaine au regard de ses potentialités dans le pays », souligne le même communiqué.

Selon l’Organisation Mondiale du Commerce, le tourisme représente environ 1 emploi sur 11 à travers le monde et génère 7% des exportations mondiales (30 % des exports de services). Les flux touristiques sont en pleine expansion et le nombre de touristes en Afrique d’ici à 2030 pourrait avoisiner les 134 millions (+150%).

Conscient de ce potentiel, de plus en plus de pays du continent se dotent d’outils pour faire du tourisme un pilier de leur développement socio-économique.

La République du Congo n’échappe pas à cette émulation et ambitionne de faire du tourisme un moteur de la diversification et de la croissance de l’économie : l’objectif – audacieux s’il en est − est que le tourisme représente à terme 10% du PIB congolais.

Entre 2004 et 2014, le nombre de touristes arrivant sur le territoire congolais a été multiplié par 12 (source Banque Mondiale). Le plus gros de l’activité touristique est généré par les expatriés en poste au Congo et leur famille, ainsi que par les hommes d’affaires.

Depuis 2014, on observe un fléchissement des flux dû à la contraction de l’activité économique, suite à la chute du prix du pétrole, principal contributeur de la richesse du pays (près de la moitié du PIB). À ceci s’ajoutent des raisons endogènes qui rendent le secteur peu attrayant et peu compétitif par rapport à d’autres destinations offertes en Afrique ; il souffre d’un service fourni de qualité médiocre et de tarifs très élevés.

«L’indice mondial de la compétitivité touristique » publié par le Forum économique mondiale le 6 avril 2017 ne mentionne pas la République du Congo parmi les 136 pays évalués, alors que la RDC y occupe le 133ème rang mondial.

Le tourisme n’est pas encore comptabilisé en tant que secteur à part entière dans la comptabilité nationale; la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) fait état d’un secteur générique « Commerce, restaurant et hôtels » qui pèserait 10% dans le PIB 2016. Mais cette catégorisation n’est pas pertinente pour évaluer le secteur touristique, car le gros de l’activité des restaurateurs et des commerçants n’est pas induit par les flux touristiques ; on peut estimer que le tourisme seul représenterait moins de 1% du PIB.

Le secteur souffre d’entraves structurelles qui font obstacle à son développement : les sites touristiques sont peu valorisés, les moyens de transports sont rares et onéreux, les infrastructures d’hébergement et de restauration sont très peu nombreuses hors de Brazzaville et Pointe Noire, le personnel qualifié dans le secteur du tourisme manque, la politique de délivrance des visas est dissuasive pour les touristes…

Le Congo dispose d’un riche patrimoine naturel et culturel qui pourrait attirer des touristes désireux de découvrir des espaces « sauvages » et des itinéraires peu fréquentés en étant mis en valeur. Plusieurs sites naturels sont propices au développement d’activités touristiques : les Parcs naturels et les forêts tropicales abritant une faune sauvage endémique, le fleuve Congo, les gorges de Diosso, la zone côtière, etc.

L’héritage culturel congolais est également porteur; il s’illustre par un artisanat du bois développé, des rituels riches (chants, danses tel que la danse Kiebe-Kiebe), des réalisations architecturales emblématiques (modèles d’architecture tropicale tels que la Case De Gaulle ou la basilique Sainte Anne ; ou plus moderne, le Pont du 15 Aout 1960 et le complexe sportif de Kintele) ou les spécialités culinaires propres (poissons, fruits et légumes exotiques).

Le Congo jouit d’une culture urbaine moderne d’intérêt: le mouvement de la SAPE (recherche de l’élégance et de la distinction par l’habillement), le dynamisme de la scène locale (rumba congolaise, Festival panafricain de musique – Fespam, le Brazza Festival, MTN Connect Festival), ou encore la culture picturale singulière (école de peinture de Poto-Poto).

Récemment le gouvernement congolais a affiché sa volonté de faire du tourisme un axe de développement et de diversification de l’économie nationale dépendant à 70% du pétrole.

Germaine Mapanga