Congo – Sape : La religion ‘’Kitendi’’ orpheline de son président Jacques Moulélé

Il était une icône de la religion kitendi, autrement dit la sape. Jacques Moulélé Alias Moulé-Moulé, est décédé le lundi 13 septembre en matinée au CHU de Brazzaville.

Il est de la génération de ces jeunes congolais qui depuis les années 1980 avaient choisi de résider en Europe pour y bâtir leur vie et y ont accueilli bien d’autres compatriotes qu’ils ont aidé à s’installer.

Homme au bon cœur, Jacques Moulélé était reconnu par tous comme le président de la sape, la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes.

Dire que Jacques Moulélé est l’un des précurseurs de la sape au Congo. Il aimait à rappeler qu’il est dans « le mouvement » depuis 1968. Il a œuvré pour son éclosion et sa pérennisation.

Même s’il arborait ses fringues avec raffinement, mettant un point d’honneur au luxe exprimé jusque dans les détails, Jacques Moulélé avait avant tout une tête bien faite.

« Je suis un gentleman. Parce qu’un sapeur, c’est simplement quelqu’un qui a la passion des vêtements, alors qu’un gentleman est un homme complet, qui combine les vêtements et l’intellectualisme. Sans fausse modestie, je suis un gentleman » disait-il.

Son carnet d’adresse dans le milieu des habilleurs de la place de Paris fera de lui un véritable ambassadeur des marques vestimentaires, qui le lui rendront bien. Jacques Moulélé devient l’aiguillon des adeptes d’une quasi-religion, celle du vêtement qui façonne l’élégance.

Il se lie alors d’amitié avec les grands sapeurs à l’instar de Papa Wemba qui dans le titre ‘’proclamation’’ lui témoignera toute sa confiance à travers cette parole restée célèbre : « Moulé-Moulé nga na léli ». Papa Wemba fera de lui, le président à vie de l'orchestre Viva la Musica. Il y a quelques années, l'homme était rentré au pays.

Depuis l’annonce de la nouvelle du décès de Jacques Moulélé, son nom concentre les causeries dans le milieu des Congolais des deux rives qui déplorent une perte immense.

Les hommages ont afflué sur les réseaux sociaux, pour témoigner de ce grand sapeur qui, la soixantaine bien entamée, s’en est allé rejoindre ceux qui comme lui, mettaient un point d’honneur à l’élégance, à l’instar de nono Ngando, Mazuka ma Mbongo, Mère Malou, Mère Momo, L’enfant Mystère, Aron Lony, Strevos Niarcos ou encore Papa Wemba son grand ami.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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