Présidentielle congolaise : Comme en 2021, l’UPADS jette l’éponge, pas d’argent, pas de candidat, pas de conquête du pouvoir

À l’heure où l’arène politique se met en ordre de bataille pour l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) brille une nouvelle fois par son absence. Comme en 2021, le parti historique de l’opposition a choisi de ne pas présenter de candidat, laissant un goût d’inachevé et de profondes interrogations sur sa stratégie et son avenir.

Cette décision, lourde de symboles, et prise à l’issue des travaux de la session inaugurale du Conseil national, tenue les 23 et 24 janvier 2026 à Brazzaville, confirme une tendance préoccupante : l’incapacité de l’UPADS à transformer son héritage politique en dynamique conquérante.

Autrefois force majeure du jeu démocratique, le parti crée par le Professeur Pascal Lissouba, semble aujourd’hui prisonnier de calculs internes, de divisions persistantes et d’un manque de vision claire face aux enjeux contemporains.

En renonçant à la compétition suprême, il abdique de facto sa vocation première : accéder au pouvoir pour mettre en œuvre son projet de société.

L’absence de candidat n’est pas un simple choix tactique ; elle envoie un message politique fort — et troublant — à la base militante comme à l’opinion publique. Comment mobiliser, convaincre et espérer gouverner lorsque l’on renonce à l’épreuve décisive du suffrage universel ?

À force de se tenir à l’écart, l’UPADS risque de s’installer durablement dans une posture d’observateur, laissant le champ libre à d’autres forces politiques plus audacieuses et mieux structurées.

Cette situation pose également la question du renouvellement des élites et du leadership au sein du parti. Sans incarnation crédible, sans projet porté par une figure capable de rassembler, l’UPADS s’expose à une érosion progressive de son influence.

La présidentielle est pourtant le moment par excellence pour proposer une alternative, clarifier une ligne et redonner espoir à un électorat en quête de changement.

En définitive, le choix de l’UPADS de « jeter l’éponge » une nouvelle fois ressemble moins à une stratégie qu’à un aveu de faiblesse.

La conquête du pouvoir ne se décrète pas, elle se prépare et s’assume. À défaut, l’histoire politique retient surtout les absences — et elles pèsent souvent plus lourd que les défaites.

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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