Congo : Un ministre délesté de 400 000 euros après le piratage de son compte à la Société générale

Être ministre n’octroie pas une immunité aux fraudes les plus basiques. Le compte bancaire d'un ministre congolais a été piraté : plus de 75 virements ont été effectués, en France et à l'international, à son insu.

La banque a déposé une plainte après le piratage du compte de ce client renommé : quelque 75 virements frauduleux, autant à l’international qu’en France, ont été dénombrés. Le montant du butin s’élève à plus de 400.000 euros.

Les enquêteurs n’ont pas tardé à identifier la personne ayant bénéficié des transactions litigeuses vers la France. Il s’agit d’une certaine Betty T., déjà connue défavorablement des services de police pour des faits d’escroquerie. Elle est soupçonnée d’avoir effectué d’importants retraits d’espèces, quelques dizaines de milliers d’euros, obtenus grâce à ces virements frauduleux.

Betty T. a été mise en examen le 31 mars, après 48 heures de garde à vue, pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. Elle a été placée sous contrôle judiciaire, indique Le Parisien, en contact avec une source judiciaire.

Lors de son audition, l’interpellée a affirmé avoir agi pour le compte d’un tiers, un certain "Michel". Pour autant, a-t-elle assuré, elle ne connaît pas cet homme personnellement : elle aurait seulement été en contact avec lui par téléphone.

En fouillant la ligne téléphonique évoquée par Betty T., les policiers de la BFMP ont pu retrouver plusieurs interlocuteurs ayant eu des contacts avec ce numéro. Parmi eux, un témoin a désigné un certain Antonio O. comme propriétaire de la ligne téléphonique. Ce dernier a été interpellé le 10 mai, puis déféré après 24 heures de garde à vue, indique Le Parisien.

Deux jours plus tard, il a été mis en examen pour les mêmes chefs d’accusation que Betty T. : escroquerie et blanchiment en bande organisée. Mais à l’inverse de cette dernière, il a nié l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Il a été placé en détention provisoire.

L’identité de cet homme reste à déterminer avec certitude car de nombreux faux documents d’identité ont été saisis à son domicile en Seine-Saint-Denis. Il se présente néanmoins comme un ressortissant angolais âgé de 41 ans.

Les enquêteurs le soupçonnent en outre d’avoir accompagné Betty T. lors des retraits en liquide qu’elle a effectués. Pour le moment, les fonds détournés n’ont pas été retrouvés grâce aux investigations, qui ne font que commencer.

L'enquête poursuit son cours pour retrouver les sommes volées, mais également tenter de mettre au jour un potentiel réseau d'escrocs.

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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