Congo – Spectacles : La salle du CFRAD s'est effondrée à Brazzaville

Congo – Spectacles : La salle du CFRAD s'est effondrée à Brazzaville

Il était le siège par excellence du théâtre national congolais, la salle du CFRAD, lieu emblématique chargé d'histoire, s'est effondrée. Le bâtiment avait été laissé à l'abandon depuis de nombreuses années déjà.

Centre de formation et de recherche d'art dramatique, l'intitulé coïncidait avec l'âge d'or de l'art dramatique congolais.

Le CFRAD est ce qui restait de la bâtisse totalement rénovée, du Cercle Civil construit de 1904 à 1906 par l'administration coloniale française. Il fut le cadre en 1944 de la célèbre Conférence de Brazzaville dirigée par le général De Gaulle, où s’amorça la décolonisation.

Outre cette conférence qui en faisait un lieu éminemment chargé d'histoire, l'art y avait pris ses quartiers pour y écrire les plus belles pages du théâtre congolais.

Quoique situé dans le quartier hautement sécurisé de la présidence de la république, le CFRAD avait au long des ans accueilli de nombreux amoureux de l'art, troupes de théâtre et autres ballets y prestant à convenance.

C'est au CFRAD que furent montées et jouées les pièces d’anthologie du théâtre congolais. Les œuvres de Patrice Lhoni, Ferdinand Mouangassa, Sylvain Bemba ou autre Antoine Letembet Ambily y ont fait connaître par l’écrit marié aux planches, une autre école de la vie.

C'est du CFRAD que le théâtre congolais gagne de la notoriété dans le public grâce à son éclosion due au laborieux travail de Guy Menga, de 1967 à 1968 avec La Marmite de Koka Mbala et L’Oracle qui y sont jouées plusieurs fois.

Le CFRAD, ce fut aussi le lieu de l'éclosion de nombreux acteurs tels Pascal Nzonzi et Gilbert Massala Saladin.

Depuis des années, la salle du CFRAD tombait en ruine. Les différentes alertes pour la sauver, se sont heurtées à l'indifférence des pouvoirs publics. Les intempéries y ont asséné le coup de grâce.

Avec l'effondrement du CFRAD, s'éteint à l'évidence le souffle d'un élan culturel théâtral qui dans cette salle, tenait en haleine, le théâtre rempli.

Fin de l'acte et rideau !

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville