Congo : Michel Innocent Peya publie une tribune intitulée " L’Afrique, au cœur du défi écologique post-Covid"

Dans un quotidien français d’information économique et financière, le chercheur-écrivain congolais Michel Innocent Peya a écrit une tribune sur le plaidoyer du défi écologique à relever, dans un contexte épidémique étroitement lié au rapport qu’entretient l’Homme avec son environnement. Les Dépêches de Brazzaville en ont repris quelques extraits.

Dans sa tribune datée du 24 septembre, l'écrivain-chercheur établit que l’Afrique, bien qu'elle ait peu contribué au réchauffement climatique, sera le continent le plus affecté par ses conséquences. Dans un contexte épidémique étroitement lié au rapport qu’entretient l’Homme avec son environnement, le monde ne pourra relever le défi écologique sans y associer durablement le continent africain.

Il revient sur les 3,8 % la part des pays africains dans le total des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Ce pourcentage, énoncé par l’expert du GIEC Arona Diedhiou, se trouve en parfait décalage avec l’ampleur des dérèglements attendus pour le continent. Toute la partie située en-deçà du Sahara sera concernée par une hausse de température supérieure à celle du réchauffement global.

Par conséquent, estime-il, il est à prévoir des périodes de pluie plus rares, mais plus intenses, ainsi qu’un allongement des épisodes de sécheresse. Nous en payons d’ores et déjà le prix : ces dernières semaines ont été marquées par des crues et des inondations record au niveau de la bande sahélienne, affectant au moins 760.000 personnes réparties sur six pays.

A ce constat, il ajoute que deux degrés Celsius supplémentaires devraient signifier une dimunition des rendements agricoles de 10% à l’horizon 2050. Pour une région doublement concernée par un fort taux de sous-nutrition et une importante poussée démographique, c’est peu dire que l’insécurité alimentaire constitue une préoccupation de premier ordre.

Son constat est sans appel : la Covid-19 constitue, de ce fait, un accélérateur de l’urgence climatique. Car, pour le Congolais, la multiplication des plans de relance “verts” dans les pays développés relève plus du bon sentiment que d’un véritable changement de paradigme. Et de citer la conclusion de l’OCDE, dans une note publiée le 14 septembre dernier : “...La faiblesse des ambitions mondiales post-Covid, associée au bilan décevant de la COP 25 à Madrid, hisse plus que jamais l’Afrique au rang de proie privilégiée du réchauffement climatique”.

Michel Innocent Peya préconise à ces maux un volontarisme environnemental de la part des décideurs. Ceux de l’Afrique, par exemple, ont compris, écrit-il, que les solutions ne viendront pas uniquement d’ailleurs. La première aspiration de l’Agenda 2063, adopté en 2015 par l’Union africaine, met l’accent sur le développement durable.

En appui de ce point de vue, Jérôme Koumba, expert auprès du Programme des Nations unies pour l’environnement, affirme que les pays tels l’Afrique du Sud et le Maroc accordent dès à présent “un budget conséquent, 20% minimum”, à leurs ambitions environnementales. Autre symbole de ce volontarisme environnemental, l’initiative de la Grande muraille verte, réponse africaine aux enjeux de la désertification en visant, dans la zone sahélo-saharienne, la restauration de cent millions d’hectares de terres dégradées.

Il rappelle l’existence du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo parmi les projets destinés à la lutte aux effets du réchauffement climatique. La création de ce Fonds a été initiée et proposée par le chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’Guesso, en marge de la COP 22 à Marrakech en 2016. Il a pour objectif de promouvoir le développement durable de ses seize Etats membres.

En conclusion de sa tribune, Michel Innocent Peya en appelle à l’indispensable soutien de la communauté internationale à encourager les initiatives africaines. Il écrit en substance : “J’ai la conviction que l’Afrique n’arrivera pas seule à relever le défi écologique post-Covid, et, pas davantage, que le monde n’y parviendra pas sans l’Afrique”.

Les Échos du Congo-Brazzaville /Source Adiac