Guerre des communiqués entre Brazzaville et Washington

Guerre des communiqués entre Brazzaville et Washington

Le secrétariat d'État Américain a critiqué jeudi le processus électoral de la présidentielle du 20 mars dernier au Congo et déploré l'arrestation d'opposants. Le gouvernement Congolais a réagit vendredi affirmant qu'il n'y avait "pas d'arrestations politiques" au Congo.

"Il n'y a pas d'arrestation sans qu'il y ait un lien avec la sûreté de l'État. Il n'y a pas d'interpellations politiques", a déclaré vendredi à la Presse le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla.

S'incrustant au milieu d'une diatribe diplomatique entre Brazzaville et Washington, Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de l'IDC-Frocad a rétorqué que ''Thierry Moungalla se trompe copieusement". Et de citer les noms de quatre proches de candidats à la présidentielle soutenus par cette coalition détenus pour certains depuis près de quinze jours.

"Les délais de la garde à vue sont largement dépassés", a ajouté Charles Zacharie Bowao à propos de Jean Ngouabi arrêté le 24 mars, Anatole Limbongo Ngoka arrêté le 27 mars, le colonel à la retraite Marcel Mpika arrêté le 31 mars, trois soutiens du général Jean-Marie Michel Mokoko arrivé troisième à la présidentielle, et de Mme Gaumelle Yirika, cadre du parti d'un autre candidat d'opposition, André Okombi Salissa.

Selon ses proches, cette femme enceinte de 4 mois est détenue depuis le 31 mars pour délit d'opinion.

Le département d'État américain a déclaré jeudi que les États-Unis étaient "profondément déçus par le processus électoral présidentiel qu'ils jugent biaisé, en République du Congo".

Pour Washington, "en plus de nombreuses irrégularités, une vague d'arrestations de sympathisants de l'opposition après les élections a entaché un vote au déroulement par ailleurs paisible".

"Le gouvernement du Congo a pris acte de la déclaration de Washington. Nous notons que les États-Unis se disent déçus de l'élection. Mais il me paraît difficile de comprendre comment les gens qui n'ont pas observé peuvent juger de la crédibilité du processus", a déclaré le ministre Moungalla.

Bertrand BOUKAKA