L'Afrique sub-saharienne reste en panne de croissance

L'Afrique sub-saharienne reste en panne de croissance

Serait-on en train de relire les pages sombres de l'économie africaine des années 90 ? La Banque mondiale a estimé lundi que l'Afrique sub-saharienne continue d'être durement frappée par la chute des cours des matières premières. Elle devrait connaître cette année une croissance deux fois plus faible que pendant les années 2000.

L'activité économique dans la région devrait progresser de 3,3% en 2016, en légère amélioration par rapport à 2015 (3,0%) mais en très net ralentissement par rapport aux 6,8% de croissance enregistrés en moyenne entre 2003 et 2008, a indiqué l'institution.

"Le plongeon des matières premières, et notamment du pétrole, et une faible croissance mondiale, spécialement dans les marchés émergents, expliquent cette performance morose", indique la Banque Mondiale dans son communiqué.

La croissance au Nigeria, premier producteur d'or noir sur le continent, a ainsi été amputée de moitié en 2015 sur un an passant à 2,8%.

Autre pays exportateur de pétrole, l'Angola a dû demander l'aide financière du FMI pour pallier la chute de ses recettes.

La situation dans certains pays a été aggravée par des pénuries d'électricité, l'incertitude politique, la sécheresse et des menaces sécuritaires, énumère la Banque Mondiale, identifiant toutefois certains "motifs de satisfaction" dans la région notamment au Kenya, au Rwanda et en Tanzanie. 

"Avec ce mouvement de chute des matières premières, il est temps d'accélérer les réformes qui peuvent débloquer le potentiel de croissance en Afrique et fournir une électricité bon marché aux Africains", affirme Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique, cité dans le communiqué.

Les centres urbains dans la région peuvent constituer des "tremplins" de croissance et de diversification économiques à condition que leur expansion soit mieux planifiée, assure la Banque, qui prévoit une accélération de la croissance dans la région en 2017-2018, à 4,5%.

Bertrand BOUKAKA