Congo-Licenciements abusifs : Les inspections du travail ne font pas leur travail

Congo-Licenciements abusifs : Les inspections du travail ne font pas leur travail

Vivien Manangou, ex porte-parole de l’opposant congolais Parfait Kolelas,  dresse un état des lieux sidérant sur la situation des licenciements abusifs dans les entreprises qui ont pignon sur rue à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo. Selon lui, les inspections du travail ne font pas leur travail de surveillance et de vérification de toutes les procédures des licenciements. Les salariés sont délaissés et les emplois ne sont plus protégés dans la ville océane où 50.000 emplois ont été détruits en 2016.

«Que le gouvernement fasse la pression sur les inspections du travail pour que les procédures des licenciements soient vérifiées et que les salariés soient indemnisés à juste titre », a déclaré Vivien Manangou.

Voilà un rapport qui aborde une question à laquelle les inspecteurs du travail au Congo sont extrêmement sensibles : celle de leur impartialité.

Parfois pointés du doigt par des travailleurs qui les accusent de parti-pris, le premier ministre Clément Mouamba a reconnu récemment qu’il y a des manquements graves dans les procédures des licenciements des travailleurs au Congo.

L'inspection du travail a été créée dans le but de protéger les salariés. Pour effectuer leurs nombreuses missions, les inspecteurs du travail ont des droits. Ils peuvent notamment : accéder aux entreprises sans autorisation ni préavis, recueillir des déclarations de salariés, enquêter, faire intervenir des organismes spécialisés. Si une ou plusieurs infractions sont avérées, l'inspecteur du travail établit un constat qui prend la forme d'observations, de mises en demeure, de procès-verbaux, de la saisie d'un juge compétent.

Il faut savoir qu'un inspecteur du travail peut stopper un chantier ou une activité et faire modifier un règlement intérieur. Ce qui n’est plus le cas au Congo-Brazzaville.

En octobre dernier, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Emile Ouosso a appelé, au cours d'une rencontre avec l'ensemble des directeurs départementaux, les inspecteurs à intensifier les visites au sein des entreprises pour faire appliquer la législation et la réglementation du travail dans certains corps de métiers.

Au nombre des difficultés que rencontre ce personnel administratif sur le terrain, on note : les difficultés liées aux moyens de déplacement, à la caducité de certains textes règlementaires, ainsi qu’au manque de formations.

«Le directeur départemental ne dispose pas de moyens roulants et ne peut correctement, dans ces conditions, accomplir ses missions. Pour nous déplacer, nous devons faire recours aux employeurs, ce qui ne nous met pas, très souvent, en position de force », s'est plaint le directeur départemental du Kouilou-Pointe-Noire, Jean Kollet Moussavou, avant de déplorer le vide juridique existant dans certains secteurs en croissance comme : l'enseignement privé, le secteur privé de la santé, et le secteur des bâtiments et travaux publics...

«Depuis que nous sommes inspecteurs nous n'avons même pas le matériel adéquat pour accomplir notre tâche », a-t-il martelé.

Appelés à dénoncer toutes les insuffisances et carences au sein des entreprises, les inspecteurs sont souvent exposés à la corruption, ce qui met à mal l'accomplissement de leurs missions.

«Les agents du corps de l'inspection du travail sont aussi souvent exposés à la corruption. Ils ne peuvent pas se prêter à exercer une activité liée aux employeurs et surtout, prendre des libéralités au risque de fragiliser leurs missions», a dénoncé le directeur du cabinet du ministre du Travail, Frédéric Manienze.

Germaine Mapanga