Pointe Noire : 50. 000 emplois détruits en un an

Pointe Noire : 50. 000 emplois détruits en un an

C’est un véritable drame social. 50.000 emplois ont été détruits en 2016 à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo qui compte 715.334 habitants. Un choc terrible pour le pays qui avait presque tout misé sur l'or noir.

Les entreprises du secteur pétrolier on réduit la voilure. Leurs sous-traitants ont fermé les uns après les autres. Et l’Etat congolais, dépendant du pétrole, s'est retrouvé à court d'argent et a dû stopper net sa politique de grands travaux.

De façon directe, la baisse d'activité du secteur pétrolier a mis sur le carreau de nombreux travailleurs notamment dans les sociétés de sous traitance et d'intérim. L'effet domino a aussi des répercutions sur les autres secteurs de l'économie congolaise.

Résultat, des pans entiers de l'économie ont été ravagés à Pointe Noire.

Les secteurs du bâtiment et des travaux publics et des para-pétroliers font partie des plus affectés par la crise. Ils ont enregistré des taux de dégradation de la situation les plus élevés du fait de l’impact direct de la baisse des cours du pétrole ou de la dette publique intérieure.

À en croire Unicongo, les sociétés forestières ne sont pas épargnées par les méfaits de la crise. Si leur chiffre d’affaires est demeuré stable entre 2014 et 2015, il a cependant chuté de 15% au premier semestre de 2016.

On rappelle que le Congo dispose de nombreux atouts qui peuvent lui permettre de devenir l’une des locomotives économiques de la sous-région : une population relativement faible (4,1 millions d’habitants), un taux de croissance de l’ordre de 3%, une densité de population de 11 habitants au km2, un niveau d’urbanisation assez élevé (65% de la population est concentrée dans les centres urbains). Il dispose de terres en quantité suffisante (dix millions d’hectares), d’un réseau hydrographique très développé, d’un climat favorable à l’agriculture, de forêts (qui couvrent près de 22 millions d’hectares) et de ressources pétrolières et minières.

Ajoutons à cela une stabilité politique reconquise et la réduction de sa dette par l’atteinte du point d’achèvement au titre de l’Initiative PPTE (pays pauvres très endettés). Le Congo est donc l’un des pays qui doit faire la différence en Afrique parce qu’il dispose de tous les atouts pour lui permettre d’avancer.

Outre ces atouts incontestables, l’indice de perception de la corruption de Transparency International montre que le Congo (qui obtient un score très bas) a encore beaucoup de chemin à faire en matière de lutte contre la corruption.

Le climat des affaires devra également être amélioré. Il faut par exemple 160 jours pour créer une entreprise au Congo, alors que cela ne prend que trois jours dans d’autres pays. Ce genre d’indicateurs doit radicalement changer pour permettre au pays de remonter dans le classement Doing Business.

La prépondérance de l’industrie pétrolière rend le pays particulièrement vulnérable à une chute des cours du pétrole. De plus, il s’agit d’un secteur capitalistique qui ne crée pas beaucoup d’emplois, le pétrole étant une activité offshore qui a très peu de liens avec l’économie locale.

Le Congo qui ambitionne de devenir un pays émergent à l’horizon 2025 doit donc diversifier son économie s’il veut lutter efficacement contre la pauvreté car des secteurs comme l’agriculture (y compris l’agro-alimentaire) sont créateurs d’emplois.

Germaine Mapanga