Les 21 bonnes résolutions pour sortir la CEMAC du marasme économique

Les 21 bonnes résolutions pour sortir la CEMAC du marasme économique

Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Cémac qui s'est tenu le 23 décembre 2016, à l'invitation du chef de l'Etat camerounais Paul Biya, a débouché sur l'adoption 21 résolutions censées sortir la sous-région du marasme économique actuel.

Au terme des échanges et ces différentes interventions dont celle de Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire International (FMI) et de Michel Sapin, ministre de l'Economie et des Finances de la République française, les Chefs d'Etat ont donc décidé de :

- relever d'emblée que le renforcement de la stabilité macroéconomique ne nécessite pas un réajustement de la parité monétaire actuelle, mais plutôt des efforts d'ajustement sur les plans intérieur et extérieur, assortis de réformes structurelles adéquates

- adopter des mesures pertinentes destinées à inverser durablement les tendances négatives de l'économie de la sous-région, combinant une politique budgétaire adéquate, une politique monétaire appropriée et une coopération internationale renforcée

- réaffirmer leur vision commune de faire de la zone CEMAC un espace émergent dans un avenir proche, par la réalisation judicieuse des infrastructures nécessaires à la promotion d'un développement durable et inclusif au bénéfice de leurs populations

- réitérer leur attachement indéfectible à la solidarité communautaire face aux chocs économiques et sécuritaires actuels et futurs.

- geler les plafonds des avances statutaires de la BEAC au niveau fixé sur la base des recettes budgétaires de l'exercice 2014 en matière de politique monétaire

- prescrire le renforcement de la stabilité financière de la zone CEMAC par une surveillance accrue du système bancaire et une utilisation optimale des instruments de politique monétaire.

- engager la BEAC à proposer à brève échéance, en faveur des Etats, des mesures visant à promouvoir la migration progressive vers le financement par les Marchés de capitaux, en substitution des financements directs de la Banque Centrale.

- renouveler leur engagement à poursuivre vigoureusement, au niveau de chaque pays, les ajustements budgétaires nécessaires à un rééquilibrage maitrisé, judicieux et progressif de leurs finances publiques.

- conduire des politiques budgétaires ciblées en matière de dépenses publiques afin de préserver les acquis sociaux dans un contexte d'extrême fragilité économique et financière

- s'engager à un redressement graduel du solde budgétaire des Etats et le ramener dans un délai de moins de 5 ans en dessous de 3%

- maintenir un endettement viable et soutenable, en privilégiant les financements concessionnels et en favorisant les partenariats public-privé pour la réalisation des programmes d'infrastructures

- saluer les conseils avisés et l'assistance technique des partenaires au développement

- d'ouvrir et de conclure à brève échéance, des négociations bilatérales avec le FMI, pour mieux structurer les efforts d'ajustement de leurs Etats, les accompagner vers une sortie de crise et les aider à mettre en place les conditions d'une relance vertueuse et durable de leurs économies

- solliciter en faveur de chaque pays, des mesures de renforcement d'une coopération internationale plus souple et flexible - recourir, en raison du caractère exogène des chocs économiques subis, à tous les partenaires multilatéraux en vue d'obtenir un large accès aux financements concessionnels nécessaires au renforcement de la balance des paiements et à la poursuite des projets de développement prioritaires

- accélérer résolument la finalisation de la libre circulation des personnes et des biens, et la réalisation rapide des projets intégrateurs en préservant la sécurité

- renouveler leur engagement commun, ainsi que leur détermination à améliorer substantiellement le climat des affaires en zone CEMAC, afin de promouvoir de manière vigoureuse l'activité économique créatrice de richesses, et mobiliser de façon optimale les recettes fiscales internes

- engager leurs pays respectifs à renforcer la coopération fiscale internationale, afin de lutter contre la fraude, l'évasion et l'optimisation fiscales qui les privent d'importantes ressources

- prescrire l'intensification des mesures et des actions en faveur de la diversification de leurs économies pour les rendre moins vulnérables aux 4 chocs exogènes, et plus compétitives face à la libéralisation des échanges commerciaux dans un monde de plus en plus ouvert

- confier au Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC la charge d'assurer le suivi des mesures prises et de rendre compte régulièrement de leur exécution

- prescrire la tenue régulière à l'échelle ministérielle des rencontres de suivi-évaluation des mesures de redressement et de leurs effets sur la situation économique, financière et monétaire des pays de la CEMAC.

Ont pris part à cette rencontre, Paul Biya, président de la République du Cameroun ; Faustin Archange Touadera, président de la République Centrafricaine; Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo; - Ali Bongo Ondimba, président de la République gabonaise; Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée Equatoriale; - Idriss Deby Itno, président de la République du Tchad.

Ont également assisté aux travaux: Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire International (FMI) ; Michel Sapin, ministre de l'Economie et des Finances de la République française; Pierre Moussa, président de la Commission de la CEMAC ; Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC).

Germaine Mapanga