Pierre Mabiala s'impose en ''gendarme'' du recouvrement des créances de banques désabusées

Pierre Mabiala s'impose en ''gendarme'' du recouvrement des créances de banques désabusées

Il a changé de département ministériel sans abandonner ses ''méthodes de tracteur''. Pierre Mabiala promet la prison à tous les clients de banques qui n'auront pas remboursé leurs crédits dans les délais.

Tous les clients malveillants et véreux, ayant obtenu légalement des crédits dans les banques, mais qui disparaissent dans la nature, sans rembourser la dette, courent le risque d’être arrêtés pour abus de confiance, conformément à la loi, a promis le nouveau ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Pierre Mabiala, à l’issue d’un entretien avec les responsables de la BCH et de BDEAC.

Au regard du tableau, on serait tenté de titrer : ''les bons, le justicier et les méchants'' une façon somme-toute personnelle de revisiter ce vieux ''western'', ''le bon, la brute et le méchant''. Le jeu de rôles s'y prend bien.

Nouvellement installé dans ses fonctions, le ministre Pierre Mabiala voudrait vite passer à l’action, suivant les exigences de la nouvelle République. 

À l'issue d'un entretien jeudi avec le vice-président de la Banque de développement des États d’Afrique Centrale (BDEAC), Armand Guy Zounguéré-Sokambi et le directeur général de la BCH Congo, Fadel Guizani, les deux dirigeants d’institutions bancaires ont informé le ministre de ce que certains clients refusent de rembourser les crédits qui leurs sont accordés.

Pierre Mabiala a promis de sanctionner sévèrement, et sans complaisance, tous les contrevenants ainsi que leurs ''acolytes''.

« Les banques ont aussi pour mission d’octroyer des crédits aux demandeurs. Nous constatons que ces bénéficiaires, qui pourtant ont signé des textes et donné des garanties, ne veulent plus payer, et disparaissent dans la nature. Le plus souvent, ils se cachent dans les tribunaux, en complicité avec certains cadres qui y travaillent. Dommage, cela ne se fera plus car le tribunal n’est pas un endroit où doivent se réfugier les délinquants », a tranché le ministre Pierre Mabiala.

Constant dans ses méthodes et son verbatim parfois acerbes, Pierre Mabiala a conclu ses propos par un zeste de menace : « lorsqu’un client décide de contracter une dette, il faut bien qu’il la paie, sinon je donnerai des instructions au procureur pour qu'il soit arrêté et jeté en prison, j’y veillerai moi-même ».

Le ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones s’est dit être imperturbable quand il s’agit de mettre un terme à ce genre de situation, au regard des instructions reçues du chef de l’État.

Dans leurs échanges, ces deux responsables de banques ont aussi soumis à Pierre Mabiala plusieurs autres dossiers de grande importance, pour lesquels le ministre s’est engagé à veiller personnellement jusqu’à leur aboutissement.

« Ils m’ont fait état de beaucoup de dossiers, j'y veillerai personnellement jusqu’au bout. Vous entendrez des échos, parce que ce sont ces gens-là qui détruisent l’économie du pays. Nous sommes au temps du "Tout économie", "Tout social" et cela ne peut se faire s’il n’y a pas de banques », a précisé le ministre Pierre Mabiala.

Les banquiers ont aussi sollicité  l'appui du ministre, dans l’assainissement et la promotion du climat des affaires, afin que ces institutions financières contribuent elles aussi à la diversification de l’économie nationale enclenchée par le gouvernement depuis quelques années.

Germaine MAPANGA