RDC – Théâtre : L'artiste comédien Mundanga Ndanga est mort !

RDC – Théâtre : L'artiste comédien Mundanga Ndanga est mort !

Il aura porté sa maladie telle une croix, luttant inexorablement pour sa guérison, l'artiste comédien Mundanga Ndanga s'est éteint vendredi à Kinshasa.

Il a attendu de partout une aide qui jamais ne vint, au point disait-il de s'en remettre à la volonté de Dieu, l'artiste comédien Mike Mundanga Ndanga qui prenait des soins dérisoires dans un petit centre de santé de quartier, y a trouvé la mort dans la quasi indifférence de la corporation à laquelle il a toujours appartenu.

Depuis de longs mois déjà, Munganga Ndanga, les pieds bandés, souffrait d'une dermatose proche du sarcome de kaposi. Ses pieds exagérément enflés se fendillaient et les plaies libéraient du liquide, dans une douleur insoutenable.

Les pieds bandés, Mundanga Ndanga au centre, avec ses deux fils

« Mbasu », clamait Mundanga Ndanga, conséquence d'un mauvais sort qui lui aurait été jeté par les nièces de son logeur, suite à un litige relatif à des documents de la parcelle qui lui avait été confiés par le logeur lui-même, en signe de la confiance qu'il lui vouait. Le mécontentement de sa famille lui aura ainsi attiré les foudres qui avaient atteint ses pieds.

Mundanga Ndanga fait partie des artistes comédiens dits de la deuxième génération. Ceux qui ont appris aux cotés des anciens comme Ebale Mondial, Kuedi, Bomengo ou autre Doudou et auprès desquels ils ont ensuite progressé.

Tantôt gentleman aux pratiques peu recommandables, parfois soldat incarnant l'ordre et la discipline ou encore sage et tribun de la famille, à défaut d'être un pasteur escroc, ses qualités artistiques se sont exprimées dans de nombreuses pièces du « théâtre de chez nous » dans lesquelles il prestait à la perfection et avec talent, très à l'aise dans les différents rôles qu'il incarnait, ménageant le suspens et maintenant le public en haleine.

Mundanga Ndanga savait traduire les réalités de la société dans laquelle il vivait, et œuvrait à en gommer les aspérités, en « châtiant les mœurs en riant ».

C'est sur un homme de métier qu'est coupée la séquence scénique. La maladie aura été le dernier acte du théâtre de sa vie, sur laquelle vient de claquer le clap de fin.

Benoît BIKINDOU